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Nitrates Algues vertes : les agriculteurs veulent être force de proposition

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Depuis la mort d’un cheval et les soupçons portant sur la mort d’un homme, l’été dernier, à cause de la profilération des algues vertes sur le littoral des Côtes d’Armor, la profession agricole veut apporter sa pierre au réglement du problème. Tout en demandant que les efforts déjà déployés soient reconnus.

Les responsables agricoles bretons ont officiellement pris la parole, le 7 octobre, pour rappeler les progrès réalisés depuis quinze ans pour abaisser le taux moyen de nitrates contenu dans le réseau d’eau potable. Et souligner qu’ils sont prêts à aller plus loin. Mais à la condition de ne pas remettre en cause toute l’économie d’une région. L’enjeu est important car la mission interministérielle nommée début septembre par le Premier ministre, François Fillon, n’a que trois mois pour échafauder un plan de lutte contre les algues vertes.
« Des élus de la FDSEA des Côtes d’Armor rencontreront un conseiller technique du Premier ministre, le 22 octobre prochain, et la FRSEA et les JA de Bretagne seront reçus une semaine plus tard par les membres de la mission interministérielle », révèle Yves-Marie Beaudet, président de la commission environnement de la FRSEA.

Actions préventives
Les représentants de la profession agricole veulent être force de proposition dans les comités de pilotage qui expérimenteront des actions préventives dans les bassins versants de la baie de Saint-Michel-en-Grève (170 exploitations dont 5 en hors-sol) et de Saint-Brieuc (2 000 exploitations, la moitié en hors-sol).
Le syndicalisme a déjà organisé plusieurs réunions dans les Côtes d’Armor dans le but d’arrêter des propositions. « On peut imaginer travailler demain sur le foncier, par exemple mieux protéger les zones sensibles du transfert de l’azote vers les cours d’eau, repenser le calendrier de la fertilisation. Mais rien n’est encore arrêté », souligne Yves-Marie Beaudet.
A ce jour, c’est la colère de riverains et des associations environnementales, dont certaines militent pour une réduction drastique de la production agricole, qui a été entendue. « On ne peut pas faire de la stigmatisation systématique sur ce sujet », martèle Michel Bloc’h, président de l’UGPVB, Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne. L’échouage d’algues vertes résulte, disent les responsables agricoles, de différents facteurs : zones peu profondes de faible renouvellement d’eau, forte luminosité, richesse du milieu en phosphore et en azote de printemps (agricole et urbain). L’approche doit donc être faite hors de tout clivage « pour instaurer (…) une dynamique locale solidaire ».

Des résultats depuis 15 ans
Placés au banc des accusés, les représentants professionnels brandissent les résultats obtenus en quinze ans. Le taux de nitrate contenu dans les eaux superficielles est inférieur au seuil des 50 mg/l dans 99,6 % des cas en 2006, contre 86,7 % en 1999 (source Institut français de l’Environnement), grâce à la mise en œuvre d’une politique environnementale publique forte. Mais pour aller plus loin, les agriculteurs auront besoin « de moyens financiers supplémentaires », souligne Yves-Marie Beaudet. Et ce d’autant plus que les agriculteurs subissent les plus grandes crises jamais connues depuis trente ans comme l’expliquait le ministre de l’Agriculture lui-même.

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