En dépit, ces dernières décennies, d’une croissance robuste qui a contribué à la diversité des aliments, le commerce des produits agroalimentaires a également dans certains cas « accéléré des changements indésirables dans les habitudes alimentaires ». C’est le constat fait le 29 novembre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans son rapport sur la situation des marchés des produits agricoles 2024 (SOCO). Ce rapport analyse notamment les interactions entre commerce et nutrition. « L’expansion du commerce alimentaire mondial a été influencée par les règles commerciales multilatérales qui ont façonné un environnement commercial plus libre, plus équitable et plus prévisible, ce qui, avec un nombre croissant d’accords commerciaux régionaux, a favorisé le commerce des aliments », indique le directeur général de la FAO, Qu Dongyu. Les auteurs avancent que le commerce international permet de doubler la diversité des aliments disponibles dans un pays, permettant une plus grande diversité des régimes alimentaires, en particulier dans les pays aux géographies moins diversifiées comme Kiribati ou la Norvège.
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Les données étudiées montrent également un lien complexe entre l’augmentation des revenus des pays et la hausse de la demande d’importation d’aliments ultratransformés. En 2021, les aliments ultratransformés représentaient 7 % des calories échangées dans le monde et 12 % des importations alimentaires dans les pays à revenu élevé. « Le commerce peut être directement lié à l’obésité dans des pays qui sont dépendants de l’importation », explique George Rapsomanikis, un des auteurs. Parmi ses recommandations, la nécessité de « renforcer la cohérence des politiques entre les secteurs du commerce et de la nutrition » est mise en avant afin de garantir que « le commerce ne compromette pas la qualité des régimes alimentaires et ne contribue pas à l’augmentation des taux d’obésité et de surpoids ».