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Alimentation végétarienne : une norme en préparation

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Un sondage Ipsos réalisé pour Interbev en 2017 évalue à 3 % la proportion de Français « végétariens » et à 1 % celle de « végétaliens » (1). Un marché en croissance qui ne va pas sans poser des problèmes de définitions. La France est favorable à une norme internationale.

La Suisse a proposé en 2018 à l’Organisation internationale de normalisation (ISO) de s’atteler à la définition d’une norme sur l’alimentation « végétarienne », « végétalienne » ou « végane » afin de sortir du « flou sémantique qui entoure l’étiquetage en rayons en l’absence de définitions légales », indique-t-on à l’Afnor (Association française de normalisation). L’intérêt de bâtir une telle norme a aussitôt été mis consultation en France auprès des milieux associatifs ou militants et des entreprises présentes sur ce marché. Et finalement, le 16 octobre dernier, le Comité stratégique agroalimentaire (CoS) de l’Afnor a émis un avis favorable. Le résultat du vote au niveau international n’est pas encore connu mais on s’attend, à l’Afnor, à ce qu’il soit « vraisemblablement positif ». Même ressenti à l’Association végétarienne de France (AVF), qui a pris part à la consultation. « Une majorité pour le ‘oui’ se dégage », témoigne Clémence Landeau, chargée de mission V-Label et chargée de plaidoyer à l’AVF. Le cas échéant, la définition de cette « norme d’application volontaire » devrait prendre « entre deux et quatre ans », selon l’Afnor.    

L’Union végétarienne européenne avait déjà lancé, en 1996, un V-Label qui se décline en deux versions : « végétarien » (sans chair animale) ou « végane » (sans produits d’origine animale : produits carnés, produits laitiers, œufs, miel…). L’AVF est le seul organisme certificateur en France, où un millier de produits élaborés par une centaine d’entreprises arborent déjà l'un des deux logos, indique Clémence Landeau. Au niveau mondial, plus de 1 200 entreprises dans une trentaine de pays se sont vu certifier 16 000 à 17 000 produits.  

Un marché qui se chiffre déjà en milliards de dollars

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« Les ventes de produits simili-carnés sont passées de 15 à 59 millions d’euros entre 2015 et 2017 », en France, indique Clémence Landeau, données Nielsen à l’appui. « La demande est telle que l’offre du géant Herta (arrivé en 2016 sur le marché, ndlr) s’est ajoutée, et non pas substituée, à l’offre déjà existante ». Même tendance pour le lait végétal dont les ventes sont passées, toujours selon Nielsen, de 45 à 67 millions de litres en deux ans, et de 83 à 132 millions d’euros en valeur. « Aujourd’hui, la plupart des acteurs de la grande distribution et des industries agroalimentaire (même celles dont l’offre est normalement basée sur des produits carnés ou laitiers !) se lancent sur ce créneau : Carrefour, Intermarché, Herta, Fleury Michon, Michel et Augustin, Danone (à travers le rachat de White Wave et l’acquisition d’Alpro), Ben & Jerry’s… », ajoute Clémence Landeau.
 
Au niveau mondial, le marché des « substituts de viande » aurait tourné autour de 4,175 milliards de dollars (Md$) en 2017, estime le cabinet américain Allied Market Research dans une étude publiée en juin 2018. Il devrait atteindre 7,55 Md$ en 2025. L'Europe a dominé ce marché en 2017, avec 38,5 % des recettes totales. Les ventes devraient encore y augmenter d’environ 7 % par an d’ici à 2025. « L'Amérique du Nord et l'Europe représentaient collectivement plus des deux tiers de la part du marché mondial des substituts de viande en 2017 », souligne l’étude, qui note cependant que « le mode de vie en évolution et la hausse du revenu disponible des consommateurs devraient stimuler la croissance du marché de la région Asie-Pacifique. » Le segment des produits à base de soja devrait dominer le marché mondial des substituts de viande, avec une croissance annuelle annoncée à 7,2 %.

(1) Sondage réalisé par internet du 14 au 18 juillet 2017 auprès de 1 000 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 16 à 75 ans.

« Une majorité pour le ‘oui’ se dégage »