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Etude/Allégations Allégations de santé : un projet de recherche de l’UE pour cerner le comportement des consommateurs

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Les travaux du projet de recherche européen Clymbol sur l’impact des allégations nutritionnelles et de santé mentionnées sur les emballages des aliments se sont achevés cet été par la rédaction de conclusions visant à aider les responsables politiques et l’industrie agroalimentaire à évaluer l’impact de ces allégations au fur et à mesure qu’elles pénètrent le marché.

Les travaux du projet de recherche Clymbol (« Role of health-related claims and symbols in consumer behaviour ») (1) se sont achevés cet été. Ce projet de recherche communautaire avait pour mission de déterminer comment la compréhension du consommateur, ses comportements d’achats ou de consommation peuvent être influencés par des allégations de santé figurant sur les emballages des produits alimentaires. D’après les conclusions des chercheurs, plusieurs facteurs influencent la confiance, l’attitude et la compréhension du consommateur concernant les allégations nutritionnelles et de santé. Les consommateurs ont davantage confiance dans les allégations figurant sur les produits alimentaires s’ils connaissent le nutriment ou la substance présente dans l’allégation. Par exemple : « le calcium est nécessaire à l’entretien du squelette » et lorsque cette allégation correspond à leur situation personnelle. Les partenaires du projet de recherche ont en effet pris en compte tant les différences individuelles que les différences propres à chaque pays au niveau des besoins du consommateur, en les comparant également à l’utilisation passée de ces allégations et symboles de santé. Ils ont mené des entretiens avec des autorités alimentaires nationales, des représentants de l’industrie agroalimentaire et des organisations de consommateurs. Avant 2006, certains pays réglementaient ces allégations de santé au niveau national alors que d’autres interdisaient leur utilisation. D’autre part, les symboles de santé ne sont réglementés que dans une poignée d’États membres de l’UE (dont la France), d’autres ayant mis en place des codes volontaires de pratique. Par ailleurs, la disponibilité de banques de données nationales sur les allégations et les symboles de santé était et reste faible avec des données souvent incomplètes. Les chercheurs ont recueilli et analysé plus de 2000 échantillons de nourriture et de boissons commercialisées dans cinq pays européens différents (Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Royaume-Uni et Slovénie) afin de cartographier la prévalence actuelle des allégations et symboles de santé. En se basant sur les données de composition nutritionnelle de ces aliments, ils ont analysé la qualité sanitaire de ces aliments avec et sans allégations de santé et les ont comparé aux critères d’assignation des symboles de santé en place.

Pour des allégations courtes et compréhensibles

Les chercheurs ont également mené d’autres enquêtes, comme celle d’une recherche qualitative sur la façon dont les consommateurs s’appuient sur leurs convictions pour interpréter les allégations de santé. Une autre enquête a concerné les différences de motivation des consommateurs et leur capacité de traitement des allégations et symboles de santé. Souvent, les allégations nutritionnelles ou de santé contenant de nombreuses informations n’étaient pas lues et celles utilisant un langage « scientifique » n’étaient pas comprises. En résumé, les consommateurs donneraient la préférence à des allégations courtes et compréhensibles.
Les partenaires du projet de recherche Clymbol ont également examiné à quelle fréquence les allégations sont utilisées en Europe et ont découvert qu’un quart (26 %) de tous les produits alimentaires en présentait au moins une. La plupart de ces allégations étaient de nature nutritionnelle (64 %), suivies d’allégations de santé (29 %), tandis que seules 6 % étaient des allégations de santé relatives aux ingrédients (substances présentes dans un produit alimentaire qui ne sont pas des nutriments mais qui peuvent avoir un effet nutritionnel ou physiologique).

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Pas d’influence des images sur les consommateurs

Les images sur un emballage d’un produit alimentaire peuvent retenir l’attention des consommateurs et faire ressortir un produit portant une allégation de santé dans un rayon. La question qui était posée aux chercheurs était de savoir si une image encourage réellement les consommateurs à acheter un produit présentant une allégation de santé et si l’image communique les bienfaits pour la santé du produit. Selon leurs conclusions, aucune influence des images sur un emballage n’a été observée. Plusieurs directives de communication ont été élaborées par les chercheurs, lesquelles devraient aider les responsables politiques et l’industrie agroalimentaire à identifier les moyens innovants et compétitifs permettant de communiquer au consommateur toutes les informations liées à la santé. Le projet de recherche a déjà réalisé divers outils d’information comme par exemple un site Internet, une page Facebook et un compte Twitter.

(1) Impact des allégations et symboles de santé sur le comportement des consommateurs.