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En remaniant le gouvernement, Nicolas Sarkozy avait évidemment en tête bien des paramètres politiques, voire politiciens, franco-français. Faire entrer de nouveaux venus au gouvernement, continuer l’ouverture, promouvoir les adjoints de ses adversaires politiques, etc. La nomination de Bruno Le Maire comme ministre de l’Agriculture, un poste à nouveau considéré comme important dans le dispositif gouvernemental, répond en partie à ces paramètres. Mais il y a plus. L’arrivée de ce germaniste à cette responsabilité, de cet artisan de retrouvailles récentes entre la France et l’Allemagne, est un signe fort : à l’aube d’une refondation de la politique agricole commune pour l’après 2013, rien ne se fera sans une collaboration étroite entre les deux voisins fondateurs de la Communauté européenne. Certains remarquent, en France, que Bruno Le Maire est encore un inconnu du grand public ou des médias. Il est peut-être, en fait, plus connu de l’autre côté du Rhin où son travail en tant que secrétaire d’État au rapprochement franco-allemand a été remarqué.
Cela ne suffira pas pour autant à en faire un bon ministre de l’Agriculture. Michel Barnier a une formule juste : « L’axe franco-allemand est de plus en plus nécessaire, de moins en moins suffisant ». D’autant qu’aux pays adversaires de la Pac pourrait s’ajouter une administration française : le ministère des Finances. En 2013, prédisent les statisticiens, la France sera contributrice nette au budget agricole européen. Bruno Le Maire aura fort à faire pour convaincre aussi les services de Christine Lagarde et d’Éric Woerth d’appuyer une réforme ambitieuse de la Pac. Faute de quoi, pourrait-il leur dire, on retrouvera, à répétition, des crises comme celles que vivent aujourd’hui les producteurs de lait et pas mal d’autres.
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