Base de négociation pour un contrat de gouvernement, le compromis entre Angela Merkel et le leader du SPD Martin Schulz envisage une augmentation de la contribution de l’Allemagne au budget de l’UE après 2020 et un « développement plus poussé » de la Pac dont le niveau de financement actuel devrait être maintenu.
Angela Merkel et le leader social-démocrate Martin Schulz (SPD) ont confirmé le 12 janvier, après cinq jours de tractations, être parvenus à un accord de principe pour une future grande coalition (CDU-CSU, SPD) qui pourrait permettre à la chancelière de rester au pouvoir quatre années de plus. Ce compromis devait encore être validé par le congrès du SPD le 21 janvier avant le début des négociations proprement dites sur un contrat de gouvernement qui devra ensuite être validé par les militants sociaux-démocrates, l’objectif étant d'avoir un gouvernement à Pâques. Il souligne notamment la nécessité d’un « nouveau départ pour l’Europe » qui ne sera réussi que si « l’Allemagne et la France agissent de concert ».
Maintien du budget agricole, mais moins de bureaucratie
Angela Merkel et Martin Schulz « veulent renforcer l’UE financièrement pour lui permettre de mieux exercer ses tâches », et se disent « prêts à accroître la contribution de l’Allemagne au budget de l’UE ».
Le texte de leur accord de principe fixe entre autres objectifs celui d’« une agriculture durable à l’échelle nationale – à la fois biologique et conventionnelle ». Ce qui « nécessite un développement plus poussé de la politique agricole commune européenne ». « Nous visons un soutien budgétaire dans le volume actuel au niveau de l’UE. Mais les modalités de financement post-2020 doivent être plus ciblées et plus simples qu’avant. Nous voulons moins de bureaucratie », précisent les deux leaders politiques, qui soulignent aussi que « la demande de changement dans l’agriculture et l’évolution des attentes des consommateurs nécessitent un soutien financier – national et européen ».
Brevets, glyphosate, bien-être animal
Le compromis appelle au « rejet des brevets sur les plantes et les animaux » et à une réglementation pour l’« interdiction du génie génétique dans tout le pays ».
Il prône une réduction « considérable » de l’utilisation de produits de protection des cultures contenant du glyphosate dans le cadre d’une stratégie de réduction systématique et dans le but d’en finir avec le recours à ces substances « le plus rapidement possible », moyennant le développement parallèle d’« alternatives ».
Le texte de l’accord de principe préconise aussi « une meilleure transparence des procédures d’autorisation pour les substances actives et les produits phytopharmaceutiques au niveau de l’UE et au niveau national ».
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Il souligne par ailleurs la nécessité de mettre en œuvre « en plusieurs étapes » un étiquetage obligatoire de la viande provenant d’élevages qui respectent le bien-être animal, les « efforts supplémentaires » consentis en la matière par les producteurs devant être « récompensés ».
Enfin, « le massacre des poussins d’un jour (doit) prendre fin ».
(1) Voir même numéro
(2) Voir n° 3627 du 15/01/18
Les priorités de Paris inquiètent les eurodéputés socialistes français
Dans une lettre adressée le 15 janvier au président Emmanuel Macron, la délégation socialiste française au Parlement européen s’inquiète des priorités énoncées dans la contribution de Paris de décembre 2017 au débat sur le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE (1) qui, « telles qu’elles sont hiérarchisées », font la part belle à la sécurité et la défense au détriment des « politiques de solidarité de l’UE, c’est-à-dire la cohésion et la Pac ». « La position des autorités françaises indique que la France ne compte pas être aux avant-postes de la défense budgétaire (de la Pac) mais qu’elle entend au contraire abandonner encore davantage le secteur agricole à la loi des marchés et l’aligner sur le dumping international », déplorent les eurodéputés, qui ajoutent : « Même si sur ce point la note des autorités françaises reste assez floue, nous y trouvons les germes d’une politique assurantielle au détriment d’une politique agricole commune de régulation ».
L’eurodéputé français Michel Dantin (groupe démocrate-chrétien - PPE) avait accusé le 9 janvier Paris de « désintérêt manifeste pour la Pac » et dénoncé « le refus français de vouloir incarner un leadership en faveur du budget agricole », suite à la note des autorités françaises sur le cadre financier post-2020 de l’UE (2).