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APPERTISE/Alliance Alliance entre l’escargot et la langue de bœuf

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La Française de Gastronomie vient de s’allier au conserveur breton presque centenaire Larzul. Ce grand spécialiste de l’escargot préparé frais et surgelé dont le siège se situe en Alsace à Brumath, a pris 50 % du capital de l’entreprise de Plonéour-Lanvern (Finistère) en lui confiant toutes les clés du développement de l’appertisé du groupe.

Depuis la fin 2004, Larzul met en boîte, sur un rythme annuel de 850 à 1000 tonnes, les escargots que la Française de Gastronomie appertisait jusqu’alors dans un site devenu obsolète, et qui a été fermé. Le conserveur breton, spécialiste en viandes en sauces, n’a pas eu besoin d’investir.

Entre les escargots et les abats en sauce, une des spécialités de Larzul, il n’y a a priori rien de commun, si ce n’est un métier, l’appertisé. En outre, Larzul dispose de disponibilités sur ses lignes dimensionnées pour une production annuelle de 6 600 tonnes – il appertise actuellement 4 215 tonnes de produits nets.

L’accord constitue donc un choix stratégique important pour Larzul dont l’avenir apparaît consolidé, et la Française de Gastronomie qui accède là à un solide savoir-faire en appertisé. Au départ pourtant, les deux sociétés n’avaient pas grand chose en commun.

D’un côté la Française de Gastronomie, filiale du groupe belge « la Floridienne » (chimie en Belgique et agroalimentaire essentiellement en France) travaille quasi-exclusivement l’escargot : 4 000 tonnes en 2004 pour un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros dont 20 % exportés, avec près de 300 personnes.

De l’autre côté Larzul, 19 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 100 salariés (26 millions cette année avec l’apport des escargots de son partenaire), s’il fabrique des produits exotiques tels que des couscous, paellas, taboulés, des sauces, soupes, etc., est connu avant tout pour ses recettes anciennes de conserves d’abats en sauce.

Langues de bœuf, rognons, gésiers… ont fait la notoriété de l’entreprise qui détient « 30 % des parts du marché national », souligne Michel Larzul, un des deux frères dirigeants de l’entreprise familiale. Tous deux représentent la quatrième génération de Larzul aux commandes de l’entreprise fondée en 1906.

Complémentarités

En fait, les deux sociétés cherchaient un allié, chacune de leur côté, depuis 2003. Larzul pour gonfler son portefeuille d’activités, la Française de Gastronomie dans le but de s’allier à un vrai spécialiste de l’appertisé. La rencontre entre l’escargot et la langue de bœuf a eu lieu grâce au cabinet de rapprochement d’entreprises auquel Larzul avait fait appel.

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Et la complémentarité des métiers et les synergies possibles ont paru évidentes aux dirigeants. Complémentarité géographique : « Nous sommes présents essentiellement à l’est de la France, Larzul à l’ouest », explique Jean-Louis Muller, un des deux directeurs généraux de la Française de Gastronomie.

Complémentarité saisonnière : Larzul connaît un creux d’activité en fin d’année quand la société alsacienne – trois sites de production, en Alsace, Bourgogne et Auvergne –, réalise 70 % de son chiffre d’affaires sur les trois derniers mois de l’année.

Michel Larzul et Jean-Louis Muller assurent que les deux entreprises garderont leur identité. Pour des raisons évidentes de lisibilité des marques qu’elles détiennent sur leurs marchés respectifs, et pour une raison stratégique essentielle : c’est à Larzul qu’incombe désormais toute la stratégie appertisée de l’ensemble.

« Un comité stratégique va être mis en place, explique Michel Larzul. La direction opérationnelle et le commercial reviennent à notre partenaire, Larzul prend le marketing stratégique et le développement. » Les équipes commerciales doivent également fusionner cette année.

Ceci fait, il restera à mettre en œuvre les orientations stratégiques de ce comité. Inventer de nouveaux produits par exemple… Jean-Louis Muller est persuadé que son partenaire Larzul saura parfaitement mettre au point des recettes nouvelles pour désaisonnaliser la consommation de l’escargot, considéré non comme un produit de luxe, mais de fêtes.

Enfin, il y a la face cachée de l’iceberg. Celle qu’aucun des dirigeants ne consent à dévoiler vraiment. Des investissements ? « Ils sont prévus, mais non encore arrêtés », disent chacun de leur côté messieurs Larzul et Muller. Ils doivent alimenter la mission confiée à Larzul d’être « l a tête de pont de la Française de Gastronomie en appertisé », ajoutent-ils.