Le Groupe Alliance vient de céder trois de ses sites et parallèlement il investit dans de nouveaux entrepôts et usines. Il répond à un besoin d’adaptation de sa production à des contraintes logistiques ainsi qu’à des changements d’économies d’échelle. Malgré la morosité du secteur, le groupe picard va ainsi investir 14 millions d’euros sur deux ans, notamment dans les produits à forte valeur ajoutée, après avoir investi 25 millions au cours des deux dernières années. Partenaire à parts égales avec Bigard dans la Compagnie financière Charal, la société voit pour 2004 son résultat d’exploitation baisser de 0,346 millions d’euros à 21,065 millions, alors que son chiffre d’affaires augmente de 3% à 383,067 millions.
Sur un secteur de la viande assez morose, la SAS Groupe Alliance réorganise ses unités de production. Décision a été prise de céder l’activité cheville de Rouen et les bâtiments du centre ville aux Etablissements Lemarchand ainsi que l’atelier et l’activité de Boulogne-sur-Mer aux Etablissements Raillandier. Le spécialiste de la transformation de viande s’est également séparé de son site de Lomme, dont les activités ont été transférées sur l’établissement de Flixecourt (80). Pour faire évoluer son activité, le groupe cherche à améliorer sa logistique et l’efficacité de la coordination de sa production. Les sites de Boulogne et de Rouen, dont les ateliers ne correspondent plus à l’activité du groupe, vont concentrer leur activité pour répondre à un souci d’économie d’échelle. De plus, l’entreprise serait appelée « à revoir ses méthodes » d’achat de pièces de porcs, indique Jean-Pierre Heusèle, président du conseil de surveillance du groupe.
Parallèlement, grâce à une trésorerie excédentaire, « essentiellement due au capital de l’entreprise » selon Jean-Pierre Heusèle, son groupe va investir en 2005-2006 10 millions d’euros dans la construction d’un entrepôt frigorifique de 80 000 m3. Pour développer la production de marchandises à valeur ajoutée de type « snack », 4 millions d’euros doivent être dégagés sur la même période pour permettre l’extension du site de Luvernay. Sur les deux dernières années, les investissements corporels d’Alliance ont déjà permis la construction d’une usine à Flixecourt de 14 000 m2 et celle d’un fondoir à Saint-Pol-sur-Ternoise (62) pour un total de 25 millions d’euros. Si le groupe Alliance signale qu’une opération de croissance externe « n’est pas exclue», Jean-Pierre Heusèle explique néanmoins que les achats se font « plus en plus à l’étranger, la France devenant de moins en moins exportatrice de viande ». « Vendre son savoir-faire à l’étranger peut être envisageable à terme, mais pas à l’heure actuelle », a ajouté le dirigeant.
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Un résultat d’exploitation en baisse
La direction entend ainsi réagir face à l’évolution du marché. Le groupe Alliance, spécialisé dans l’abattage, la salaison ou encore la transformation en frais ou surgelé de produits à base de viande encaisse la hausse du coût de l’énergie, la consommation atone des ménages et « un prix des vaches en hausse de 15 % ». Associée à parts égales avec Bigard dans la Compagnie financière Charal, holding de la marque commerciale Charal, la société a vu son résultat d’exploitation passer de 20,719 millions d’euros en 2004 contre 21,065 en 2003. Son chiffre d’affaires, qui se décompose à 67 % pour la transformation de viandes et à 21 % en produits élaborés passe, quant à lui de 371 millions d’euros à 383 millions pour 2004, soit une hausse de 3 %. Enfin, la Compagnie financière Charal, de son côté, voit progresser son chiffre d’affaires de 3,5% passant de 964,169 millions à 998,562 millions pour 2004.