Alpro, le producteur belge d'alternatives végétales aux produits lactés, contrôlé par l'américain WhiteWave, ne peut plus tromper les consommateurs en appelant « yoghourt » ses produits à base de soja. C'est le verdict de la cour d'appel de Bruxelles qui, dans un arrêt, vient d'affirmer que, selon la réglementation européenne en vigueur, le terme « yoghourt » ne peut être utilisé que pour les produits laitiers.
Dans un arrêt qu'elle vient de rendre dans un contentieux opposant l'industrie laitière belge à la société Alpro, leader du marché européen des boissons et aliments à base de soja, contrôlé par l'américain WhiteWave Foods, la cour d'appel de Bruxelles a estimé que l'utilisation du terme « yoghourt » pour des produits végétaux à base de soja entre en contradiction avec la législation européenne en la matière et induit en erreur le consommateur. Alpro avait déjà été poursuivi par l'industrie laitière néerlandaise sur l'utilisation du mot « yaourt » sur ses produits. Le jugement rendu par le tribunal de Breda en mai 2012 avait estimé que cette utilisation n'était pas autorisée « si elle laissait suggérer que le produit Alpro Mild & Creamy (“doux et crémeux”) est un produit laitier ».
Alpro, qui devait modifier ses étiquettes pour indiquer clairement l'origine végétale de ses produits, est sommée cette fois par les juges de cesser d'utiliser la dénomination « yaourt » ou « yoghourt » sur les étiquettes de ses produits à base de soja. Selon eux, seul le yaourt authentique, à base de lait, peut utiliser cette dénomination. Alpro va devoir adapter son site Internet et ses emballages à court terme, sous peine de sanctions importantes (1). Inutile de préciser que les dirigeants de l'industrie laitière ont accueilli la décision des juges avec la plus grande satisfaction. « Nous n'avons rien contre les produits à base de soja, nous demandons seulement que tout un chacun communique de manière correcte sur la nature des produits afin de ne pas tromper les consommateurs », a affirmé Renaat Debergh, le porte-parole de l'industrie laitière belge.
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LA MAIN DANS LA CONFITURE
Mal à l'aise après le verdict de la cour d'appel, la société Alpro tente de botter en touche. Elle se dit convaincue que les consommateurs qui choisissent les produits végétaux d'Alpro « ne le font pas par hasard et savent à tout instant qu'il s'agit de produits végétaux ». Elle affirme à qui veut l'entendre « qu'elle n'a en aucune façon voulu tromper le consommateur et ne cherche pas du tout à faire comme si ses produits étaient des produits laitiers, comme l'affirme le secteur laitier ». Au contraire, dit-elle, « Alpro représente l'alimentation végétale et cherche à se distinguer des produits laitiers grâce à ses messages ». Comme on l'a constaté, ce n'était pas exactement le sentiment de la cour d'appel de Bruxelles…