Le télescopage de l’actualité est parfois violent. C’était le cas cette semaine, avec d’un côté le vote échoué du renouvellement de l’autorisation du glyphosate au niveau européen, et de l’autre la présentation par le gouvernement du plan d’action français sur le Ceta. D’un côté le glyphosate. Une fronde particulièrement active s’est constituée contre lui. Et on voit difficilement désormais comment cette molécule pourrait ne pas être interdite à très court terme. Ainsi, l’UE serait le seul continent à ne plus avoir recours à ce produit alors qu’en l’absence d’OGM, elle est la seule à continuer à l’utiliser pour son usage premier : détruire les vivaces et faire place nette en cas fort développement de mauvaises herbes ou de couverts. De l’autre le Ceta. Le gouvernement cherche à convaincre du bien-fondé de l’accord de libre-échange avec le Canada et laisse entendre qu’il y aurait encore moyen de faire bouger les lignes.

D’un côté s’isoler dans ses pratiques, et de l’autre ouvrir grand ses frontières aux produits agricoles sans droit de douane. Et bientôt ce sera avec le Mercosur, un adversaire redoutable !

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Comment demander aux agriculteurs français de monter en gamme, en sécurité sanitaire et environnementale, en produisant par exemple davantage de protéines végétales, notamment avec des tourteaux de colza ou des protéagineux, et dans le même temps favoriser l’importation de canola OGM qui a reçu des litres de glyphosate par hectare ? Ce canola en a même parfois reçu seulement une semaine avant la récolte pour réduire encore les coûts de moisson. Quelle marge de manœuvre ont les agriculteurs français ? quelles alternatives ? Ce mot a été particulièrement galvaudé cette semaine sur tous les plateaux. Il mériterait un temps de méditation.