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INDUSTRIE Altho se positionne sur les chips MDD en version bio

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Avec une croissance de 15 % de ses ventes en volume pour la saison printemps-été 2018, Altho affiche une belle santé. Propriétaire de la marque Bret’s, le fabricant de chips se développe à vive allure sur le segment du bio, en GMS et en MDD.

Le fabricant de chips morbihannais Altho affiche d'ores et déjà une progression de 45 % de ses ventes de chips bio en marques de distributeurs. La campagne printemps-été constitue le pic des ventes du groupe. « Nous espérons atteindre 90 % de progression en 2019 pour parvenir à 900 tonnes », indique Laurent Cavard, directeur d’Altho. « Pour les réseaux spécialisés en alimentation bio, nous travaillons avec un partenaire pour la revente. En revanche, pour les GMS avec qui nous travaillons en direct, notre offre bio est devenue une alternative à la marque leader et à la marque de distributeur conventionnelle. » Si le bio ne représente encore que 2 % de la production de chips d’Altho, avec 600 tonnes cette année, sur une production totale de 27 000 tonnes, cela reste un relais de croissance à ne pas négliger.

« Je suis convaincu du sens de l’histoire. Le bio va prendre de l’ampleur dans l’avenir », assure Laurent Cavard qui reconnaît que la vraie difficulté dans cette activité réside dans l’approvisionnement. « La pomme de terre est tellement soumise à une variabilité de rendement due aux conditions météo que ça rend la production complexe », reconnaît-il. Grâce à des contrats avec des agriculteurs français, Altho réussit à s’approvisionner en pomme de terre bio à 100 % en France. Mais Laurent Cavard ne sait pas si cela pourra tenir sur la durée. « Cette année, la récolte a été moins bonne. Le vrai défi, c’est de produire du bio et du local. La France est en retard dans sa conversion en agriculture biologique. »

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Altho bénéficie déjà de 68 hectares de production de pommes de terre bio en Bretagne, en Vendée et dans les Landes. Un approvisionnement qui doit s’étoffer en 2019 grâce à des nouveaux contrats avec des agriculteurs bio dans les Hauts-de-France et dans la vallée du Rhône. Compte tenu des risques climatiques, « nous devons diversifier notre approvisionnement pour éviter la pénurie », commente le directeur. D’ailleurs, Altho incite ses producteurs conventionnels à la conversion en les rémunérant au même prix que le bio. Une conversion qui met trois ans à aboutir au minimum. « Reste à ce que la GMS en France laisse émerger le bio sans pratiquer de guerre des prix », commente-t-il. Pour l'année 2018, Altho qui clôt ses comptes fin décembre, prévoit de réaliser un bond de 18 % de son chiffre d’affaires à 100 M€.

9 M€ d’investissement d’ici à 2021

Fort d’une progression constante de son chiffre d’affaires et d’innovations porteuses, Altho en profite pour lancer un programme d’investissement de 9 M€ qui court de 2018 à 2021. Celui-ci est dédié à la modernisation de son usine mère de Saint-Gérant, près de Pontivy. 3,2 M€ ont déjà été consacrés à l’installation de trieurs optiques, à de nouvelles ensacheuses dont une dédiée au format party-pack et à des lignes d’encaissage automatiques. La région Bretagne soutient ce programme dans le cadre du Pass Compétitivité IAA et doit abonder à hauteur de 1,1 M€.