Le départ-surprise de la FNSEA de Jean-Michel Lemétayer a provoqué un petit séisme dans le monde agricole qui rejaillira sur l’ensemble de l’agroalimentaire français. L’arrivée de Xavier Beulin à la tête du syndicalisme majoritaire ouvre une nouvelle page : le céréalier du Loiret, qualifié de « proche des milieux financiers », donne de l’agriculture une image qu’elle a rarement pu imposer, à la fois moderne, conquérante, capable d’une  approche économique et ouverte sur le grand large de la compétition internationale. Le fossé culturel qui pouvait subsister entre le monde paysan et celui des entreprises coopératives ou privées devrait donc s’estomper quand, à côté d’un Jean-René Buisson et d’un Philippe Mangin, s’exprimera un homme qui a cumulé la présidence du Comité économique et social de sa région, du conseil de FranceAgriMer ou du Haut conseil de la coopération agricole. Et si Xavier Beulin va en abandonner la plupart, il fait savoir qu’il ne lâchera surtout pas celle de Sofiprotéol : l’établissement financier bâti naguère par les producteurs d’oléagineux a acquis un poids déterminant dans l’aval de l’agriculture et contrôle aussi bien des activités industrielles lourdes (alimentation animale, trituration, diester, chimie verte) que des produits de grande consommation et des marques comme Lesieur ou Puget. De quoi se trouver sur la même longueur d’onde que ses « confrères » de Coop de France et de l’Ania… et vouloir instaurer entre la FNSEA et toutes les structures d’aval, y compris la grande distribution, un meilleur dialogue et même un « pacte de confiance, a-t-il dit, afin que nous ayons une ambition collective même si chacun a des intérêts  à défendre ».

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