Des résultats très mesurés sont à attendre de la Conférence ministérielle de l'OMC en décembre à Nairobi, parmi lesquels un compromis sur la concurrence à l'exportation dans le domaine agricole. Selon les organisations agricoles de l'UE, les négociations du Programme de Doha – dossier à l'ordre du jour du Conseil agricole des Vingt-huit le 22 octobre à Luxembourg – doivent néanmoins rester la « pierre angulaire » de la stratégie de l'Union dans le domaine commercial.
« De retour à Genève après des consultations avec les capitales au cours de l'été, il me semble que nous n'avons pas encore trouvé de solutions qui peuvent combler les écarts dans la plupart des domaines problématiques » en négociation dans le cadre du Programme de Doha, a déclaré le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, Roberto Azevêdo, lors d'une réunion de tous les membres le 17 septembre. « L'idée qui émerge de beaucoup de réunions auxquelles j'ai participé est qu'un ensemble de résultats est à portée de main, avec le potentiel de faire de la ministérielle (qui se tiendra du 15 au 18 décembre à Nairobi, au Kenya) un succès et de nous aider à faire avancer notre travail, a-t-il néanmoins affirmé. Et, de façon déterminante, l'opinion générale est que ces résultats devraient être centrés sur les questions du développement et des pays les moins avancés (PMA) ».
Les résultats potentiels à attendre de la conférence de Nairobi auxquels a fait allusion le directeur général de l'OMC pourraient concerner également un accord sur les mesures à l'exportation des produits agricoles ainsi que certaines dispositions pour améliorer la transparence dans plusieurs domaines en négociation.
Les soutiens internes régulés par l'OMC, et non par les accords bilatéraux
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les organisations et coopératives agricoles de l'UE réunies au sein du Copa-Cogeca considèrent, dans un document de réflexion, que les négociations de l'OMC doivent rester la « pierre angulaire » de la stratégie commerciale de l'Union d'ici à 2020, les pourparlers bilatéraux n'abordant pas la question importante des soutiens internes dans le secteur. Elles rappellent que, si le principe subsiste, l'utilisation des restitutions européennes à l'exportation n'est plus envisageable qu'en cas de crises graves sur les marchés et que celles-ci doivent, de plus, être financées sur les paiements directs aux exploitants, via le fonds de crise.
Dans le même temps, souligne le Copa-Cogeca, les grandes puissances agricoles, telles que les États-Unis, ont développé des soutiens à leurs exploitants qui ont un effet de distorsion sur les marchés, et ressortent principalement de la boîte jaune de l'OMC. Le Canada, pour sa part, maintient son système de gestion de l'offre pour le lait et les produits des viandes blanches (boîte bleue).
Sans compromis à l'OMC, les accords commerciaux régionaux en cours de négociation risquent par ailleurs de renforcer des normes sanitaires qui ne seront pas compatibles, estiment également les organisations agricoles de l'UE.