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Ammoniac : le plan des chambres d’agriculture bretonnes

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Pour réduire les émissions d’ammoniac de l’élevage, les chambres d’agriculture proposent d’investir dans les matériels « peu émissifs ». Elles demandent davantage de soutien public et lancent une expérimentation dans le Pays d’Iroise.

L’agriculture bretonne a pris la parole le 14 octobre, lors de journée nationale de la qualité de l’air, pour détailler son engagement à réduire les émissions d’ammoniac (NH3). Ce composé chimique fait partie des polluants atmosphériques à l’origine de 40 000 décès prématurés par an en France. La Bretagne est en première ligne avec 17 % des rejets nationaux d’ammoniac, dont l’origine est agricole à 99 % en Bretagne.

Si la profession a fait évoluer ses pratiques ces dernières années, c’est en poursuivant un autre objectif : la lutte contre la pollution des eaux par excès d’azote dans le sol, lequel se transforme en nitrates et en ammoniac. Par ricochet, la généralisation « de l’alimentation biphase et multiphase en production porcine il y a une vingtaine d’années a fait baisser de 30 à 40 % les émissions d’ammoniac », assure Solène Lagadec, chargée de mission émissions de gaz à effet de serre pour les chambres bretonnes.

Mais il faut aller plus loin. Le gouvernement français a institué en 2017 le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques pour abaisser les émissions des différents polluants de l’air. Pour l’ammoniac, l’objectif visé est de - 13 % sur la base de 2005. Comment y parvenir ? La solution la plus simple consisterait à réduire le cheptel présent dans la plus grande région d’élevage de France. Ce n’est évidemment pas la voie choisie par les chambres. Elles privilégient le développement de matériels peu « émissifs » : laveurs d’air en bâtiment, séparateurs de phase sous caillebotis, couverture de fosses, épandage par enfouissement, etc.

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Une expérimentation

Mais ces matériels coûtent cher et « les aides ne sont pas à la hauteur de l’enjeu », déplore Charlotte Quénard, chargée de mission sur la qualité de l’air. Elle rappelle que « la ligne de crédit France Relance ouverte au printemps en Bretagne (8,6 millions d’euros) pour aider à l’acquisition de matériels de réduction des émissions de NH3 et d’utilisation de phytosanitaires a été consommée en trois semaines ».

En attendant, les chambres bretonnes engagent un travail de terrain, notamment en lançant ABBA (Ammoniac Brittany Air Ambiant), en lien avec Air Breizh, association de tous les acteurs de la qualité de l’air, y compris l’État. Financé par LIFE (fonds européen pour le climat), ABBA va travailler sur la période 2020-2024 auprès d’un groupe pilote de trente agriculteurs du Pays d’Iroise (Métropole de Brest) pour définir une méthode de mesure exhaustive des émissions de NH3, développer un label de matériels peu émissifs, créer un réseau d’alertes des pics de pollution et un outil d’aide à la décision pour l’épandage.

« Les aides ne sont pas à la hauteur de l’enjeu »