Nouvelle étape pour la start-up lyonnaise Amoéba : son produit de biocontrôle pour les céréales va être distribué par géant Syngenta, ce qui va lui ouvrir les portes du marché européen.
Un traitement d’origine biologique contre les champignons parasites des céréales, développé par la greentech française Amoéba, va être distribué par le géant des pesticides et des semences Syngenta, ont annoncé le 8 septembre les deux groupes dans un communiqué commun.
Ce produit de biocontrôle, qui protège les céréales grâce à des mécanismes naturels, est un antifongique qui lutte contre deux grandes maladies du blé (septoriose du blé et rouille jaune) et d’autres maladies des céréales.
Amoéba et Syngenta prévoient que les agriculteurs pourront utiliser ce fongicide de biocontrôle au printemps 2029 sur le blé, l’épeautre et le triticale (un hybride entre le blé et le seigle). Les deux entreprises, qui collaborent pour les programmes d’essais, comptent en effet obtenir les premières homologations commerciales au troisième trimestre 2028 afin d’effectuer les premières ventes fin 2028 sur les principaux marchés européens. L’accord exclusif de distribution qui les lie prévoit que Syngenta (groupe d’origine suisse et désormais chinois) commercialisera le biofongicide d’Amoéba pour toutes les céréales (à l’exception du maïs) dans l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Ukraine et en Suisse.
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L’enjeu est de taille pour les agriculteurs confrontés à plusieurs défis réglementaires et techniques. « Face à la montée des obstacles réglementaires et à la résistance aux traitements phytosanitaires conventionnels, ce biofongicide arrive à point nommé », explique Matthew Pickard dans les Echos du 8 septembre. Le responsable du marché bio pour Syngenta en Europe estime que « la septoriose et la rouille jaune provoquées par des champignons parasites affectent entre 9 et 12 millions d'hectares chaque année. »
« En Allemagne, le coût des pertes a été évalué à 1,5 milliard d'euros », précise le dirigeant. Selon des études concordantes, le marché mondial des traitements bio pour l'agriculture est estimé à une douzaine de milliards de dollars en 2026. Il est en croissance de 15 à 20 % par an.
Fondée en 2010, basée dans la banlieue lyonnaise, Amoéba est spécialiste du traitement des risques microbiologiques pour la protection des plantes et dans le domaine des cosmétiques. Les produits qu'elle développe sont issus d'amibes (des micro-organismes unicellulaires), qui sont d'abord cultivées dans des bioréacteurs puis broyées. Le lysat qui résulte de cette opération constitue la substance active du produit.