La volatilité des marchés agricoles n’est pas qu’une affaire d’agriculteurs. Elle rejaillit fortement sur l’amont, toutes ces activités économiques d’agrofournitures où travaillent, faut-il le rappeler, des dizaines de milliers de salariés. L’aliment du bétail, les engrais, semences, machines agricoles doivent apprendre à vivre au gré de marchés de plus en plus volatiles eux aussi. Cela signifie des ajustements industriels dont on parle souvent moins que de ce qui se passe dans l’agriculture elle-même. Le fait qu’il s’agisse souvent de grandes entreprises, de sociétés internationales, ne justifie pas d’ignorer les répercussions de la nouvelle agriculture sur ses fournisseurs.
De fait, le monde agricole, qui regarde surtout vers son aval, aurait peut-être intérêt à jouer une certaine solidarité avec son amont, ou en tout cas à travailler plus avec. C’est là que se situent un grand nombre d’enjeux sociétaux : l’environnement, le mode d’élevage des animaux, la qualité des terres, le recours ou non aux OGM, etc. Dans certaines filières, comme le porc ou la volaille, le poids de l’amont que sont les firmes d’aliments du bétail est déterminant, ne serait-ce que par l’importance de l’intégration. Alors, certes, il n’est pas encore question de faire entrer les industriels de l’amont dans les interprofessions, tant on a de mal à régler leurs problèmes d’aujourd’hui. Mais pourquoi pas ?. S’il n’y a pas de pays sans paysan, il n’y a pas non plus de paysan sans fournisseurs.

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