De tout temps, l’agriculture et l’industrie qui en transforme les produits ont joué le rôle d’amortisseur. Amortisseur de prix : les progrès de productivité permettant d’amortir la hausse de certains coûts de production (matières premières, foncier, salaires), les prix alimentaires n’étant pas les principaux responsables de l’inflation de ce temps-là ; amortisseur social, l’industrie agroalimentaire était créatrice d’emplois ce qui permettait souvent à ceux qui quittaient d’autres métiers ruraux (dont l’agriculture elle-même) de trouver un emploi. A l’époque, l’agriculture et son industrie assumaient bien ce rôle dans un contexte de révolution silencieuse selon l’expression de Michel Debatisse. Révolution silencieuse qui se concrétisait surtout par un accroissement de la taille des fermes.
Hélas, aujourd’hui ce n’est plus du tout la même chose. La hausse des coûts de production est devenue brutale, les progrès de productivité ne sont plus ce qu’ils étaient tandis que la concurrence de la part d’autres pays, européens ou non, se fait plus âpre.
Il ne faut pas rêver, on n’aboutira jamais à une sympathique trêve entre distributeurs, industriels et agriculteurs qui permettrait une belle répartition de la valeur ajoutée. En revanche, l’agriculture ne peut-elle faire comprendre aux consommateurs qu’il est temps d’accepter une certaine hausse des prix. Faute de quoi, les filières continueront à souffrir, la production agricole baissera durablement, le chômage et les importations augmenteront.
Tandis que la consommation mondiale a augmenté, entre 1999 et 2012, la production porcine française a baissé de 2,5 millions de têtes. Peut-on faire comprendre la gravité de ce phénomène au consommateur ? L’agriculture n’est plus un amortisseur. C’est un punching-ball.
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