On nous dit que les Français se serrent la ceinture ; en même temps, les stations de sports d’hiver n’ont pas désempli cette année. On nous dit aussi qu’il y a une sévère réduction de pouvoir d’achat ; en même temps, la consommation alimentaire continue d’être soutenue, tout au moins en volume. On nous avait dit que le Salon de l’agriculture devait faire « un bide » avec une sévère chute des entrées ; l’édition 2009 s’avère un grand succès populaire avec une croissance à deux chiffres du nombre de visiteurs qui, de surcroît, y ont dépensé pas mal d’argent.
Alors que croire ? Il faut se rendre compte que la situation actuelle a déboussolé les analystes de toutes sortes. Si c’est la crise c’est avant tout la crise des grilles habituelles d’analyses. C’est que le changement est structurel. On consomme, mais différemment. Les motivations changent. Les notions d’environnement et de santé entrent en ligne de compte, sans doute autant que les restrictions de pouvoir d’achat. On ne renonce pas à consommer mais on procède différemment. On part encore en vacances mais moins loin et dans des lieux moins onéreux. On achète toujours autant de produits alimentaires mais on ne rougit plus d’aller les trouver dans des hard discount.
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Qu’est-ce que tout cela veut dire pour les producteurs agricoles ? D’une part qu’il n’y a pas à craindre une chute majeure et généralisée des volumes consommés. Pour autant, certains domaines peuvent être brutalement victimes d’une désaffection pour des raisons de mode ou de santé publique. On sait ce qu’il en est dans les viandes rouges. Il faut dans ce cas renouveler les efforts pour légitimer les produits. Partout, en tout cas, il faut s’attendre à une pression encore plus forte à la baisse des prix. Face à cela la solution tient avant tout en quelques mots : regroupements, politiques de filière, recherche.