Après la publication il y a quelques semaines, dans un magazine consumériste dépendant des pouvoirs publics, d’un dossier faisant état d’une série de hausses de prix alimentaires ponctuelles, les états d’esprit étaient préparés. Il était convenu que la France subit un vent d’inflation alimentaire sans précédent. De l’art de généraliser des exceptions… et de faire passer deux lois coup sur coup, censées faire baisser les prix en dérégulant le droit commercial. Une loi surtout faite à la demande d’un des ténors de la distribution, Michel-Edouard Leclerc.
Quant à l’analyse de la réalité de l’inflation concernant les produits de consommation courante, elle est bien pauvre. Dans son dossier de presse, la ministre de l’Economie se borne à citer deux produits, le cola et la pâte à tartiner supposés plus chers en France qu’en Allemagne. Soit. Mais si l’on prend des chiffres plus représentatifs, comme les moyennes calculées par l’Union européenne, la situation est toute différente. L’alimentation, en France, s’affiche dans ce cas pas plus cher qu’en Allemagne, moins onéreuse qu’en Belgique, Angleterre, Italie, Suède, Irlande, Danemark, etc. Ce sont des données de 2006. Depuis cette période, la hausse des prix alimentaires (avril 2007 à mars 2008) a été de 6,2 % en Belgique, 7 % en Allemagne, 7,5 % au Danemark, 6,8 % en Suède et seulement de 5,6 % en France, soit à peine plus que l’Italie et le Royaume Uni (5,5 % chacun).
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Pourquoi, dès lors, prendre des mesures structurelles à l’impact lourd, sur le paysage commercial, sur les PME fournisseurs des grandes surfaces, sur la délocalisation de certaines productions… pour régler un problème dont le diagnostic se révèle en grande partie faux ?