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Lait Analyse des effets de la contractualisation sur les exploitations

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Des chercheurs de l’Institut de l’élevage, l’Inra et l’Ecole supérieure d’agriculture ont présenté les implications d’un certain type de contrat sur la production laitière des éleveurs de l’Ouest lors des Journées 3R (Rencontres Recherches Ruminants) le 2 décembre à Paris. Selon les résultats de leurs travaux, une augmentation de la production globale de 1% engendre une diminution du prix « non assuré » de l’ordre de 3%.

Le passage des quotas à une régulation privée via la contractualisation à l’horizon 2015 aura des incidences sur la stratégie productive des exploitations laitières. C’est le postulat de base d’une étude menée par l’Institut de l’élevage, l’Inra et l’Ecole supérieure d’agriculture et dévoilée lors des Journées 3R (Rencontres Recherches Ruminants) le 2 décembre à Paris. A partir de ce constat, les économistes des trois instituts de recherche ont ensuite tenté d’imaginer le contenu de ces contrats du futur et quel serait leur impact pour les exploitations laitières de l’Ouest.
Cette simulation a impliqué la construction d’un modèle de type « bio-économique », permettant de maximiser le revenu des producteurs en tenant compte de différentes contraintes biologiques, structurelles, zootechniques et réglementaires. Cette hypothétique contractualisation serait basée sur un système « double prix — double volume ». Baptiste Lelyon, agro-économiste à l’Institut de l’élevage en explique les principales caractéristiques : « Ce système se décompose en deux volumes : un volume A égal au quota historique de l’exploitation ayant un prix assuré et un volume B additionnel (à hauteur de 30%) ayant un prix plus faible et plus variable permettant aux industriels de valoriser une partie de la production en produits de type industriel (beurre, poudre…). » Il ajoute : « Dans ce travail, nous avons retenu l’hypothèse qu’une augmentation de la production globale (A+B) de 1% engendre une diminution du prix du volume B de l’ordre de 3%. » Les éleveurs peuvent donc anticiper une diminution du prix. Ils ajustent ainsi leur niveau de production comme ils l’entendent.
Or pour augmenter la production, certaines données sont à prendre en compte comme le rappelle Baptiste Lelyon : « L’étude met également en évidence le fait que l’incitation à produire ce volume B dépend fortement de l’équilibre des prix relatifs des céréales et du prix du lait payé pour le volume A qui assure la couverture des charges fixes de l’élevage. » D’après les résultats, il ressort que les exploitations laitières de l’ouest de la France ont souvent la capacité à augmenter leur production laitière. Dans un contexte de préparation à la suppression des quotas, Baptiste Lelyon note que « cet outil sera utile pour permettre de mieux entrevoir les effets supposés de telle ou telle réorientation du mode de régulation de l’offre dans le secteur laitier français. »

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