Les Brasseries de Saint Omer (BSO) viennent d'annoncer le déménagement de la Brasserie des Enfants de Gayant à Arques (62) dès 2017. C'est un investissement de 60M€, sûrement le plus important de ces dernières années dans le secteur agroalimentaire du Nord-Pas de Calais.
La brasserie des Enfants de Gayant ne fêtera pas ses 100 ans à Douai. André Pecqueur, président des Brasseries de Saint-Omer (BSO), vient d'annoncer qu'il investissait 60 M€ dans le déménagement de sa brasserie douaisienne d'ici 2017 à Arques. Pareil investissement ne s'était produit depuis fort longtemps dans l'agroalimentaire du Nord-Pas de Calais ! (1) Selon André Pecqueur, « la société connaît une croissance exponentielle qui amène à regrouper ses activités de production, de logistique et de transport dans l'Audomarois ».
Les nouvelles installations seront cons-truites sur un terrain de 13 ha, non loin des Brasseries de Saint Omer et de sa filiale « Les Transports Saint Arnould » (350 salariés et 48 M€ de chiffres d'affaires). Cet investissement « permettra à l'entreprise de se projeter à 50 ans », vient d'expliquer le brasseur à l'ensemble du personnel douaisien des Enfants de Gayant. Celui-ci devrait ainsi profiter des mesures prises dans le cadre de la restructuration d'Arc International racheté par le fonds Peaked Hill Part-ners (PHP) et qui y réinjecte 58M€, mais licencie 200 salariés.
UN PÔLE BRASSICOLE
Dès 2018, le premier brasseur indépendant français devrait ainsi réunir à Saint-Omer le pôle brassicole français le plus important et vise les 4 millions d'hectolitres par an dès 2018.
En effet, la brasserie de Saint-Omer a produit quelque 3 millions d'hectolitres en 2014 (165M€ de chiffre d'affaires). Quant aux Enfants de Gayant : ils sont passés de 185 à plus de 250 millions d'hectolitres de 2010 à 2014. « La Goudale » (lire ci-contre) sa bière emblématique, connaît actuellement des taux de croissance à deux chiffres.
Les Enfants de Gayant venaient d'investir dans de nouveaux équipements : une nouvelle étiqueteuse (60 000 bouteilles/heure pour les petits formats), deux salles chaudes pour la refermentation en bouteilles et quatre cuves de fermentation de 2300 hl chacune). « Ces derniers investissements ont représenté plusieurs millions d'euros », expliquait en juillet dernier Ludovic Crottier, le directeur de la brasserie douaisienne et gendre d'André Pecqueur.
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Avec six levures différentes et un éventail de matières premières, les Enfants de Gayant ne produisent que des bières de spécialité. « Si ce n'est la Goudale, toutes les autres bières ne représentent que des petits brassins dont certains ne se font qu'une à trois fois par an », soulignait Ludovic Crottier qui insistait à l'époque pour que « Gayant garde son âme ».
Agé de 70 ans, André Pecqueur le patron de cette ETI de plus de 600 salariés ne formule pas de craintes sur l'avenir de son groupe, puisque deux gendres et deux petits fils travaillent déjà à ses côtés. En évoquant parfois sa succession, il aime à dire que tout est déjà réglé… A bon entendeur, salut !
(1) L'un des investissements les plus importants de ces dernières années était celui de Fleury-Michon à Cambrai (30 M€).
La brasserie douaisienne des Enfants de Gayant a été créée en 1919. La famille Pecqueur en a fait l'acquisition auprès de la famille D'Aubreby en 2010. Productrice d'une trentaine de références de bières de spécialité (La Goudale, La Démon, La Désert, La Divine, La Triple secret des Moines, La Saint Landelin… ), elle a réalisé un chiffre d'affaires de 39 M€ en 2014. Sa production est parfaitement complémentaire à celle de la Brasserie de Saint-Omer, tournée exclusivement vers le marché des bières sous MDD. Elle emploie 90 personnes.
D'après la Brasserie des Enfants de Gayant, la Goudale serait apparue à Douai au XIVe siècle. Elle tiendrait son nom de l'anglais « good ale ». Elle se vendait deux deniers le pot chez un marchand nommé Goula-lier. A l'époque des anciens propriétaires (la famille D'Aubreby), Les Enfants de Gayant auraient retrouvé cette recette dans les vieux grimoires de la bibliothèque de Douai. Lancée en 1994, elle est conditionnée en bouteille de 75 cl et voit ses ventes constamment se développer.