La Commission européenne présentera bien d’ici au mois de mars, une communication sur l’élevage d’animaux à fourrure. Une étude d’impact est en cours. Deux options restent sur la table : une interdiction pure et simple – comme le demandent un certain nombre d’eurodéputés – ou un renforcement des règles de bien-être animal.
La Commission européenne a confirmé, le 27 novembre lors d’un échange avec le Parlement européen en plénière, son intention de présenter une communication sur la question de l’élevage des animaux à fourrure en mars. Suite au succès de l’initiative citoyenne européenne qui demande l’interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure dans l’UE et de la mise sur le marché de produits en fourrure, Bruxelles a sollicité un avis scientifique de l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Dans celui-ci, rendu au mois de juillet, les experts de l’Efsa estiment que pour réduire de manière significative les conséquences négatives sur le bien-être des visons, renards, chiens viverrins et chinchillas « le système de cage actuel doit être remplacé par des enclos offrant plus d’espace et des environnements stimulants » pour que ces animaux puissent satisfaire leurs besoins naturels, notamment le déplacement, la recherche de nourriture et l’exploration.
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Dans la question adressée à la Commission européenne, soutenue par une quarantaine d’élus de tous bords, les eurodéputés en concluent que « les problèmes de bien-être animal dans l’élevage d’animaux à fourrure sont structurels et ne pourront être réglés au moyen d’un durcissement des règles d’élevage ». Aussi, ils estiment que l’élevage d’animaux à la seule fin de produire de la fourrure est dépassé et indéfendable.
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Analyses d’impacts de tous poils
La commissaire Maria Luís Albuquerque (Services financiers), qui représentait l’exécutif européen, ne s’est pas engagée à proposer l’interdiction complète de ces élevages. Une étude d’impact et des consultations sont en cours. « Nous obtenons une image détaillée du secteur de l’élevage de visons et des industries associées, tant au sein de l’UE que dans les pays tiers concernés. Nous identifions, collectons et analysons des données quantitatives et qualitatives en matière de bien-être animal, de santé publique, d’impacts économiques, sociaux et environnementaux. Cela nous permettra d’évaluer les impacts attendus de différentes approches, en particulier les interdictions, telles que demandées dans l’initiative citoyenne, ou l’adoption de normes spécifiques de bien-être animal », a-t-elle précisé.
Selon les données de la Commission européenne, il existe environ 1 000 élevages d’animaux à fourrure dans l’UE avec environ 7,7 millions d’animaux. Il n’y a actuellement aucune législation européenne spécifique en matière de bien-être pour ces animaux dont l’élevage est couvert par les règles générales de l’UE.