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FRANCE/BIÈRE Année noire pour le marché de la bière

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Les dernières données sur l'évolution du marché de la bière dont dispose Brasseurs de France, qui fédère les producteurs nationaux, n'incitent guère à l'optimisme. Pour les neuf premiers mois de l'année 2013, le marché de la bière accuse un recul historique de 3%, avec notamment une chute de 7,8% de la consommation en cafés, hôtels, restaurants. Pour Pascal Chèvremont, délégué général de la fédération, « la hausse des droits d'accise de 160% sur la bière au 1er janvier, pour certaines catégories de producteurs, notamment les grands acteurs a eu un impact très négatif. Cela s'est traduit par une hausse des prix allant jusqu'à 14% en grande distribution ». Mais ce n'est pas la seule cause. « Le pouvoir d'achat de plus en plus tendu a aussi largement pesé, tout comme la disparition de certains cafés, restaurants qui représentent plus de 30% du chiffre d'affaires du secteur. Quand un café ferme, il ne rouvre presque jamais ». Cette baisse de la consommation s'est accompagnée d'une baisse de la production de 10% sur les neuf premiers mois. Les grands producteurs avaient, il est vrai, anticipé la hausse des taxes et augmenté leurs livraisons avant leur mise en application. Il n'en demeure pas moins que la taxation pénalise la production de façon plus récurrente : la France se classe au huitième rang en termes de taxation dans l'Union européenne, alors qu'elle est l'avant-dernier pays consommateur avec seulement 30 litres par an.

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Le marché aura également été marqué par la bonne résistance des bières spéciales et de spécialités « qui ont fortement progressé », selon Brasseurs de France. « Les petites brasseries ne représentent toutefois que 2% des volumes et ne permettent pas à elles seules d'inverser la tendance générale », tempère Pascal Chèvremont. Les éléments encourageants sont plus à chercher dans l'animation de ce marché par les nombreuses innovations tant des grands brasseurs internationaux que des brasseries artisanales, toujours plus nombreuses. Pour 2014, les professionnels estiment que les prix vont demeurer à des niveaux élevés, mais qu'il est difficile de se projeter en termes de consommation. « Les innovations vont, là encore, continuer à soutenir le marché », espère leur porte-parole qui estime également que les industriels ont « un besoin impérieux de stabilité réglementaire et fiscale pour les années à venir afin de restaurer le marché et maintenir l'activité et les emplois en France ».