Faut-il ajouter, aux difficultés rencontrées par plusieurs réformes gouvernementales, le pénible accouchement du volet français du bilan de santé de la Pac ? Sans doute. L’annonce de ce volet, que Michel Barnier prévoyait pour fin janvier, s’avère bien plus difficile à concevoir. On a évoqué une déclaration qui précéderait le Salon de l’agriculture (21 février-1 er mars) mais il faudra, semble-t-il, encore attendre. En définitive, il n’y a pas, avant plusieurs semaines, de date butoir fixée. Le président de la République, qui n’exclut pas de s’exprimer sur la thématique agricole avant le Salon de l’agriculture, ne semble pas prévoir d’aborder précisément le sujet.
De fait, l’affaire est bien plus compliquée qu’il n’y paraissait. D’une part, le volet français du bilan de santé concerne une série de dossiers très lourds, préfigurant la Pac d’après 2013, conditionnée par un budget revu à la baisse et la nécessité de trouver une légitimité nouvelle pour la Pac. Des dossiers évoqués déjà l’an dernier par Nicolas Sarkozy : le sort des références historiques, la politique de l’herbe, la politique laitière, le soutien de l’assurance récolte etc.
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C’est dans ce contexte que se situe l’épineux dossier de la réorientation des aides. La situation est encore compliquée par le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’une confrontation entre des céréaliers et des éleveurs. Il s’agit, aussi, de l’opposition entre le labour et la prairie, entre la plaine et la montagne, entre l’agriculture qui s’est restructurée et celle qui est restée plus traditionnelle, entre une agriculture organisée, s’intégrant dans des filières industrielles et celle qui se justifie par des vertus écologiques.
La question posée est, de nouveau : quelle agriculture veut-on soutenir demain ? Elle mérite qu’on s’y attarde.