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Salaison/Cession Aoste, Cochonou et Justin Bridou n’intéressent que des financiers

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Seuls des fonds d’investissement auraient manifesté un intérêt pour le rachat de la branche charcuterie-Europe du conglomérat américain Sara Lee, qui regroupe notamment les marques Aoste, Cochonou, et Justin Bridou. En raison de la mauvaise conjoncture du secteur, aucun industriel n’aurait proposé d’offre pour cette filiale, qui selon le quotidien Le serait valorisée autour de 600 millions d’euros. Les marques de charcuterie de porc subissent en effet une forte concurrence des MDD et du hard-discount, sur un marché en baisse de 0,5% par an. Trop éloignée du créneaux « plaisir-nutrition », la charcuterie de porc n’a guère la cote auprès du consommateur. Cette cession s’annonce ainsi d’ores et déjà comme une opération financière.

Encore des fonds d’investissement à l’affût et des industriels aux abonnés absents. Les candidats qui ont remis le 19 octobre à la banque Goldman Sachs des offres de reprise pour la branche charcuterie-Europe du conglomérat américain Sara Lee ne compteraient dans leurs rangs que des financiers. Selon le quotidien « Le Figaro », seuls des fonds d’investissement, avec en première ligne BC Partners, Carlyle, « et peut-être PAI Partners » seraient intéressés par Aoste, Cochonou, ou encore Justin Bridou, marques les plus fameuses du numéro un européen du secteur, qui serait valorisé autour de 600 millions d’euros. Même si une réévaluation à la baisse du prix de vente n’est pas exclue, aucun industriel n’aurait manifesté le moindre intérêt pour l’affaire.

Sale temps pour les marques de charcuteries

A l’annonce de cette cession cf. Agraalimentation n°1872, semaine du 17 février 2005, page Une., c’est l’américain Smithfield Foods, qui a déjà racheté dans l’Hexagone la Société bretonne de salaison (SBS) et le fabricant de charcuterie Jean Caby, qui était pressenti pour mettre la main sur le groupe. Une information classée « sans suite ». Les entreprises de charcuterie se seraient finalement abstenues de concourir pour des questions de prix et de conjoncture plutôt défavorables à ce type de produits.

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Ainsi, la femme d’affaire Monique Piffaut, p.-d.g. de William Saurin et de Paul Prédault explique que l’opération s’avère « trop chère », soulignant que « la salaison n’est pas une activité assez rentable » pour s’y développer encore un peu plus. Même son de cloche chez Fleury Michon : le spécialiste des produits traiteurs frais a déjà senti le vent tourner, et se diversifie vers des gammes de produits qui ont plus de succès. Car en pleine tendance « plaisir et nutrition », le consommateur délaisse les charcuteries de porc et se tourne plutôt vers les innovations à base de « charcuterie de poisson » et de « charcuterie de volaille ».

Les marques de charcuterie de porc subissent également une forte concurrence du hard-discount et des MDD : ces dernières ont accaparé près de 41% des ventes en libre-service alors que le marché de la charcuterie perd un peu plus de 0,5 % par an. Pour preuve, un tiers des 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires de la filiale de Sara Lee proviendrait des MDD. L’américain aurait d’ailleurs réussi à ramener cette filiale à un niveau acceptable de rentabilité. Les importants stocks immobilisé liés à l’activité de salaison exigent cependant de tout repreneur d’avoir les reins solides.