Votée à la quasi unanimité des députés fin 2008, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, l’écotaxe est devenue ces derniers mois un vrai chemin de croix pour le gouvernement. Jean-Marc Ayrault a dû aller à Canossa tout en jouant sur les mots pour expliquer que la suspension de cette taxe ne signifiait en rien sa suppression. Il entre dans les règles du jeu politique que l’opposition raille un tel retournement, tandis que la majorité ne manque pas de rappeler à ses adversaires qu’ils portent la paternité de cette taxe impopulaire. La décision du Premier ministre a au moins une vertu, celle d’apaiser le débat et de ramener les acteurs économiques et politiques bretons autour d’une table pour négocier un plan de développement pour le futur qui ne se focalise pas uniquement sur cet impôt. Le redéploiement de l’activité industrielle ou agricole dans cette région doit certes prendre en compte ce facteur fiscal mais ne pas se cacher derrière ce petit doigt pour ignorer les pistes d’avenir qui existent. D’autant qu’à n’en pas douter, le débat sur cette taxe est loin d’être clos. Mais celui-ci doit impérativement être engagé dans la sérénité pour ne pas pénaliser une région ou un secteur industriel par rapport aux autres, maintenir la concurrence face à nos voisins. Des zones d’ombre devront sans doute être éclaircies, notamment concernant la gestion de cette taxe confiée à une société privée, largement détenue par des intérêts étrangers. Il va falloir trouver un juste équilibre entre le coût supporté par les industriels ou agriculteurs et les bénéfices qu’ils pourront en retirer. Un travail de funambule qui ne peut-être exercé dans la cacophonie et le bruit.
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