Les eurodéputés de la commission de l’agriculture ont adopté le 23 janvier un rapport qui appelle la Commission européenne et les États membres à s’attaquer aux mélanges de miel et aux produits frelatés.
Les eurodéputés de la commission de l’agriculture ont adopté le 23 janvier un rapport qui appelle la Commission européenne et les États membres à s’attaquer aux mélanges de miel et aux produits frelatés.
La commission de l’agriculture du Parlement européen a adopté le 23 janvier (par 38 voix contre une) son rapport d’initiative sur les perspectives et défis du secteur apicole de l’UE (1). Le rapporteur, l’eurodéputé Norbert Erdős (PPE, Hongrie), estime que « la pierre angulaire du texte est l’appel à remplacer l’actuelle étiquette trompeuse "Mélange de miels UE et non UE" par une indication claire du ou des pays dont provient le ou les miels – y compris les pourcentages des différents miels utilisés dans le produit final ». Il propose une harmonisation des contrôles aux frontières, des tests obligatoires pour tous les miels importés et le renforcement des exigences de traçabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
L’autre priorité concerne la lutte contre les miels frelatés (souvent frauduleusement mélangés avec des sirops de sucre). Sur ce point, les parlementaires estiment que la Commission européenne devrait développer des procédures d’analyse en laboratoire efficaces et que les États membres devraient imposer des sanctions plus sévères aux contrevenants.
L’UE importe environ 200 000 tonnes de miel par an, soit 40 % de sa consommation. Selon une enquête menée par le Centre commun de recherche de la Commission, 20 % des échantillons de miels importés ne respectent pas les normes de l’UE.
Augmenter les aides de la Pac pour l’apiculture
Dans leur rapport, les eurodéputés demandent également davantage d’investissements dans le développement de médicaments sûrs pour les abeilles, l’interdiction des pesticides ayant des effets néfastes scientifiquement prouvés sur la santé des abeilles, une augmentation de 50 % du budget des programmes apicoles nationaux et l’introduction d’un nouveau régime de soutien aux apiculteurs dans le cadre de la Pac après 2020.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Enfin, le rapport demande à la Commission de veiller à ce que le miel et les autres produits apicoles soient considérés comme des « produits sensibles » exclus des accords de libre-échange. Ce rapport sera débattu en plénière le 28 février puis voté le lendemain.
La Commission européenne a lancé le 11 janvier une consultation publique en vue de préparer une initiative européenne concernant les pollinisateurs (2). Sur la base de cette consultation, une communication sera adoptée au second trimestre de 2018 qui devrait proposer d’améliorer les connaissances sur les pollinisateurs, de s’attaquer aux causes de leur déclin (restauration des habitats, réduction des risques et des impacts de l’utilisation des pesticides, lutte contre les espèces exotiques invasives) et de mener des actions de sensibilisation et de partage des connaissances.
(2) Voir n° 3627 du 15/01/2018
Les apiculteurs redemandent un étiquetage des origines pour les mélanges de miel
L’Unaf (apiculteurs) demande « une fois encore » au gouvernement « la mention obligatoire des pays d’origine pour les miels mélangés », selon un communiqué le 23 janvier. L’organisation et l’UFC Que-Choisir en avaient déjà fait la demande en octobre. « Nous n’avons aucune réponse de notre ministère de tutelle (celui de l’Agriculture) », déplore-t-on à l’Unaf. Pour l’heure, la réglementation UE permet d’étiqueter « Mélanges de miels originaires/non originaires de l’Union européenne ». En 2017, les importations de miel dépassent 30 000 tonnes, soit les trois quarts du miel consommés en France, rappelle l’Unaf qui demande ainsi « une meilleure traçabilité et transparence vis-à-vis des consommateurs ».