Dominique Lestel, philosophe et enseignant à l’école Normale Sup à Paris, construit depuis plus de 15 ans une réflexion anthropologique qui pense l’homme au milieu des êtres vivants et non contre eux. Dans ce sens, il réfute les arguments du « végétarien éthique ». « Je nomme ainsi ceux qui estiment que c’est mal de manger de la viande, en particulier parce que cette consommation repose sur le meurtre, la souffrance et l’égoïsme », écrit-il. « Le végétarien éthique restaure donc le statut d’exception de l’homme, bien qu’il s’en défende et affirme même militer pour la reconnaissance de l’autre comme un égal. » Pour lui, manger de la viande est le seul moyen de rappeler que l’homme appartient au règne animal. « En mangeant des animaux, j’accepte de partager la compromission inhérente à mon animalité, plutôt que de m’offrir le luxe de penser que je suis au-dessus d’elle et que je peux moralement me détacher de ce qui constitue une caractéristique fondamentale de ma condition. […] En acceptant de manger des animaux, je reconnais intimement qu’il n’y a pas de “déjeuner gratuit” dans le monde, c’est-à-dire qu’il n’est pas possible à la fois de vouloir être un animal et de ne pas vouloir être impliqué dans le cycle de vie et de mort que signifie être un animal. »
Apologie du Carnivore de Dominique Lestel aux éditions Fayard, 139p, 12€

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