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Contractualisation Appel des syndicats à ne pas signer le nouveau contrat Lactalis

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La nouvelle proposition contractuelle de Lactalis est dans le collimateur des syndicats de producteurs. La FNPL, soutenue par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, ainsi que l’OPL, appellent les éleveurs à rejeter cette nouvelle proposition. « Ce nouveau contrat reste inacceptable et déséquilibré », a rappelé le syndicalisme majoritaire, le 10 novembre. Pour l’OPL, ce « document mènerait les éleveurs à l’intégration, pour ne pas dire à un quasi esclavage ». La Confédération paysanne va plus loin en demandant, dans une lettre ouverte aux responsables professionnels, à faire front commun en appelant les éleveurs à ne signer aucun contrat laitier, quelle que soit la laiterie qui le propose.

Dans le bras de fer qui s’engage entre les syndicats agricoles et Lactalis sur la contractualisation, le groupe laitier aura réussi un premier tour de force : mettre tous les syndicats agricoles d’accord ... contre lui ! Oubliées, pour un temps, les oppositions du passé entre les partisans de la contractualisation telle qu’imaginée par la loi de modernisation agricole, les opposants de principe et les pragmatiques. Le front commun syndical souhaité par la Confédération paysanne dans une lettre ouverte datée du 15 novembre s’est formé contre la nouvelle proposition de contrat de Lactalis.
Déjà, le 12 octobre, des groupements de producteurs livrant à Lactalis avaient appelé à ne pas signer la nouvelle version du contrat du groupe laitier. Les négociations entre le groupe laitier et les groupements avaient repris pour finalement s’interrompre le 10 novembre. « Cette proposition n’est pas le résultat d’une négociation aboutie entre l’entreprise et les groupements de producteurs. Ce nouveau contrat reste inacceptable et déséquilibré », a fait savoir la FNPL dans un communiqué commun avec la FNSEA et les JA, le 10 novembre.

« Quasi-esclavage »

« Lactalis pose un ultimatum en donnant un mois aux producteurs pour apposer leur signature et … cinq ans pour se taire ! Nous ne pouvons accepter que les éleveurs laitiers soient soumis à de telles pressions destinées à leur extorquer la signature d’un contrat qui les affaiblit durablement », dénonce le syndicalisme majoritaire. Dans une lettre ouverte à Lactalis, l’OPL ne mâche pas ses mots. « Les éleveurs ne signeront aucun document qui les mènerait à l’intégration pour ne pas dire à un quasi-esclavage, tant que les organisations de producteurs ne seront pas officiellement reconnues », prévient le syndicat des éleveurs laitiers. L’OPL rappelle à Lactalis « que les producteurs n’ont aucune obligation de signer votre document y compris sous d’hypothétiques pressions et que seul un contrat collectif et indépendant de toutes laiteries garantira la liberté d’entreprise de chacun ».

Ultimatum

Les organisations majoritaires souhaitent la reprise des négociations entre Lactalis et les organisations de producteurs afin d’aboutir « à un véritable partenariat entre les différents acteurs ». De son côté, l’OPL déplore que Lactalis n’ait pas répondu favorablement à ses demandes d’entretiens. L’OPL, « ouverte à cette discussion », réitère sa demande de rencontre dans sa lettre ouverte « pour vous faire part de nos propositions dont notamment le contrat France MilkBoard », précise l’OPL.
La Confédération paysanne souhaite dans sa lettre ouverte aux responsables agricoles un « vrai » débat, « au grand jour », sur les enjeux de cette contractualisation et « sur les clauses principales qui doivent y figurer ». Elle invite les autres syndicats et les groupements de producteurs « à construire ensemble une alternative crédible qui prenne en compte (le critère : NDLR) de rémunération en garantissant un équilibre du marché, gage de stabilité pour la filière tout entière ». D’ici là, le résultat du match entre Lactalis et les syndicats agricoles s’arbitrera en fonction du nombre de signatures obtenues par le groupe laitier. Combien des 14 300 producteurs de lait vont signer la nouvelle proposition contractuelle de Lactalis ? C’est à ce chiffre que le syndicalisme mesurera sa capacité d’influence auprès des producteurs de lait.

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