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Bisphénol A Appel européen pour réduire l’exposition aux produits chimiques plastifiants

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Une soixantaine de scientifiques et d’associations internationales œuvrant pour l’environnement, la santé et les femmes du monde entier ont écrit conjointement à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) en l’appelant à prendre les mesures nécessaires pour réduire les niveaux d’exposition au bisphénol-A (BPA), une substance chimique entrant dans la composition de récipients alimentaires en plastiques et qui serait potentiellement dangereuse pour la santé, notamment des jeunes enfants et des femmes enceintes. L’AESA doit dans les prochains jours publier un nouvel avis scientifique sur les risques potentiels pour la santé de cette substance chimique.

Une vingtaine de scientifiques et une quarantaine d’ONG issus de 15 Etats membres de l’UE et au-delà ont signé une lettre à l’intention de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire dans laquelle ils lui demandent de prendre les mesures nécessaires pour réduire les niveaux d’exposition au bisphénol A, notamment en ce qui concerne les jeunes enfants et les femmes enceintes. La lettre rappelle les centaines d’articles scientifiques qui ont mis en évidence qu’une exposition au BPA à des doses internes correspondant aux niveaux de BPA biologiquement actifs trouvés chez l’homme avait des effets potentiellement néfastes sur la santé. La missive déplore que dans sa précédente évaluation des risques liés au BPA, l’AESA ne s’est appuyée que sur un petit nombre d’études plutôt que sur le nombre beaucoup plus important d’études que la Food and Drug Administration (FDA) a récemment reconnues comme valides et qui a conduit cette dernière à s’inquiéter des risques sanitaires posés par le BPA. La lettre rappelle aussi qu’un nombre croissant de pays se sont déjà engagés dans cette ligne de conduite ou ont signalé qu’ils prendraient bientôt des mesures similaires.
La lettre intervient à la veille d’un nouvel avis scientifique qui sera publié par l’AESA sur la sécurité du bisphénol A dans les matériaux en contact avec les aliments, prévu dans la première moitié de juillet 2010. La Commission européenne a demandé à l’AESA d’évaluer les dernières découvertes scientifiques sur le bisphénol A, et, si nécessaire, de mettre à jour la Dose Journalière Tolérable (DJT) actuelle (1).

Demande urgente de Bruxelles
Le 15 octobre 2009, la Commission européenne a demandé à l’AESA d’examiner une nouvelle étude parue, concernant les effets neuro-développementaux possibles du BPA et, le cas échéant, de mettre à jour la DJA existante en conséquence. L’étude en question avait été commanditée par l’« American Chemistry Council » afin de répondre à des préoccupations en matière de sécurité soulevées par le gouvernement canadien qui a introduit une législation interdisant l’utilisation du polycarbonate dans les biberons. Le 8 mars 2010, la Commission européenne a invité l’AESA à prendre en considération dans son évaluation des risques toute nouvelle preuve scientifique disponible et à travailler en étroite collaboration avec les organes d’évaluation des risques des États membres de l’UE sur cette question. Le 26 mars, l’Autorité a organisé une réunion rassemblant des experts nationaux des « 27 », des membres du groupe scientifique de l’AESA sur les matériaux en contact avec les aliments, les enzymes, les arômes et les auxiliaires technologiques (groupe CEF) ainsi que des représentants de la Commission européenne. Lors de cette réunion, l’Autorité a présenté son projet d’avis scientifique sur le BPA, que le groupe CEF prépare actuellement (pour le publier dans le courant de juillet 2010), ainsi que les résultats initiaux de son examen de la littérature scientifique récente dans ce domaine. Le 30 mars, l’AESA a reçu une demande urgente de la Commission européenne l’invitant à examiner les arguments scientifiques fournis par le Danemark à l’appui de la décision du gouvernement d’interdire l’utilisation du BPA dans le cas d’aliments pour enfants de moins de 3 ans. L’évaluation des risques réalisée par ce pays s’est principalement basée sur l’étude du scientifique américain Donald Stump qui a étudié les effets neuro-développementaux possibles du BPA à plusieurs niveaux de dose. L’AESA a répondu à la Commission en lui expliquant que cette étude était la même que celle qui est actuellement examinée par le groupe CEF. L’avis de l’AESA qui sera publié d’ici la mi-juillet comprendra donc l’examen de l’étude de Donald Stump sur les effets neuro-développementaux possibles du BPA et l’examen des arguments scientifiques que le Danemark a apportés pour étayer sa décision d’interdiction pour les produits destinés aux enfants.

(1) Dans son évaluation des risques relative au BPA publiée en janvier 2007, l’AESA a établi une dose journalière acceptable (DJA) de 0,05 milligramme/kg de poids corporel (p.c.) pour le BPA. La DJA est l’estimation de la quantité d’une substance, exprimée par rapport au poids corporel, qui peut être ingérée quotidiennement pendant toute la vie sans risque notable pour la santé.

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