Après les États membres et les organisations agricoles de l'UE, ce sont quatre parlementaires influents de la commission agricole du Parlement européen qui estiment que le verdissement des aides directes sera difficile à mettre en œuvre dès 2015. Ils demandent le report d'une année de l'entrée en application de ces mesures.
«N OUS vous appelons à retarder d'une année l'entrée en application du verdissement de la Pac », demandent au commissaire européen à l'agriculture, Phil Hogan, les coordinateurs des principaux groupes politiques de la commission de l'agriculture du Parlement européen dans une lettre du 25 novembre. Pour Albert Dess (PPE, Allemagne), Paolo De Castro (socialiste, Italie), James Nicholson (conservateurs et réformistes, Royaume-Uni) et Jens Rohde (libéraux-démocrates, Danemark), les États membres et les agriculteurs sont confrontés à de nombreuses incertitudes sur la manière de mettre correctement en œuvre les mesures de verdissement, ce qui risque de conduire à un taux d'erreur élevé. Mieux vaudrait prendre une année supplémentaire pour s'assurer que les détails de ces mesures sont correctement compris et appliquer le verdissement en 2016, réclament-ils donc. Selon ces parlementaires, si un taux d'erreur trop élevé (de 7 ou 8%) dans la mise en œuvre du verdissement était constaté, cela donnerait une image très négative du secteur agricole et remettrait en cause la légitimité des aides qui lui sont versées. Trois des signataires de cette lettre (De Castro, Dess et Nicholson) avaient déjà demandé au mois de juillet, dans une autre lettre, au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, de ne pas reconduire le précédent commissaire européen à l'agriculture, Dacian Ciolos, à son poste, estimant que sa réforme constituait un pas en arrière pour l'agriculture européenne notamment à cause du verdissement qui risquait de réduire la compétitivité du secteur (1). Les États membres de l'UE avaient également fait le constat de leurs difficultés à mettre en place le verdissement, lors d'une réunion d'experts le 17 novembre (2). Certains ont proposé d'autoriser une « tolérance » face aux erreurs qui pourraient être commises. La question devrait être discutée à l'occasion du dernier Conseil agricole de l'année le 15 décembre à Bruxelles.
(1) Voir n° 3458-3459 du 28/07/21014
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(2) Voir n° 3472 du 24/11/2014