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Réduction des intrants Apprendre à diffuser l’innovation pour produire plus durablement

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Produire de façon plus durable va exiger d’innover. Car il semble nécessaire de changer de modèle agronomique pour y parvenir. Selon les professionnels réunis le 6 novembre à Montpellier dans le cadre des rencontres Q@li-Méditerrannée, il va falloir apprendre à convaincre les utilisateurs finaux et à travailler de façon plus collective.

Réduire de 50 % l’utilisation de produits phytos d’ici 2018 ou produire de façon plus durable va exiger de changer de modèle agronomique. « Nous ne pouvons pas demander à un système conçu pour produire beaucoup de produire mieux », a expliqué Philippe Lucas, directeur de recherche à l’Inra, à l’occasion des rencontres Q@li-Méditerrannée, organisées le 6 novembre à Montpellier sur le thème « Innover pour diminuer l’impact des intrants ». Il faut donc accepter l’idée de remettre en question le système actuel… Et apprendre à travailler autrement. Pour Jean-François Malet, sous-directeur de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, « le principal verrou est humain et sociologique ». « Il faut arriver à convaincre les utilisateurs finaux que la solution qu’on leur propose va leur apporter quelque chose même si elle bouleverse leur façon de faire », signale le professionnel. Pour réduire les réticences, une solution : s’inscrire dans une dynamique participative et associer l’agriculteur de la conception de l’innovation jusqu’à sa mise en œuvre.

« Semer beaucoup pour récolter peu »
Car « plus la concertation est importante, plus c’est facile ensuite de mettre en place le changement », observe Jean-François Malet. Cette dynamique doit se mettre en place dès l’appel à projet : même si cela entraîne une déperdition de temps, tous les projets n’étant pas acceptés, « cela oblige les entreprises à travailler ensemble », précise le professionnel. Ces premières étapes collectives doivent s’accompagner d’ « une démarche extensive » en ce qui concerne la diffusion de l’innovation, selon Claude Hugonnet, directeur général d’Ideco, cabinet d’études et de conseil en marketing. Car « il faut semer beaucoup pour récolter peu, précise le spécialiste. L’éducation au marché coûte cher ». Le challenge est d’autant plus compliqué « lorsque la différence est forte entre l’innovation et l’existant, car souvent, cela entraîne alors un rejet », indique-t-il. Directeur de recherche au Ciheam-IAMM (centres de recherche agonomique sur la Méditerrannée), Etienne Montaigne se veut néanmoins confiant. « Un jour ou l’autre, l’ouverture de la compétition se fait par la technologie, et l’innovation est adoptée », explique-t-il. Et il ne faut pas négliger « l’effet réseau » que constitue un coup de fil, les pratiques du voisin, un séjour à l’étranger. « Ce sont des éléments déterminants dans les moments d’incertitude », commente le chercheur… Bien qu’il soit impossible de les maîtriser.

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