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Formation Apprentissage : des améliorations sont nécessaires selon les MFR

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Les Maisons familiales et rurales ont réagi le 3 mars à l’annonce des mesures en faveur de l’apprentissage annoncées la veille par Nicolas Sarkozy. Si elles apprécient la politique volontariste du président, elles estiment que des améliorations du dispositif sont nécessaires.

Nicolas Sarkozy a présenté le 2 mars à Bobigny le nouveau dispositif du gouvernement destiné à « doper » l’emploi des jeunes, fondé sur un renforcement de l’apprentissage. Le chef de l’Etat a confirmé la mise en place d’un système de bonus-malus pour doper la formation en alternance dans les entreprises.
« Les entreprises qui ne s’ouvrent pas à l’alternance seront sévèrement sanctionnées, les entreprises qui remplissent presque leurs objectifs seront très peu sanctionnées, les entreprises qui dépassent leurs objectifs seront récompensées », a résumé Nicolas Sarkozy.
Le gouvernement veut ainsi relever de 3 % à 4% le quota de jeunes en formation imposé aux entreprises de plus de 250 salariés et offrir un bonus de 400 euros par contrat à celle qui dépasse ce nouveau seuil. Les PME qui embauchent un jeune en alternance de plus bénéficieront d’une exonération totale des charges sociales sur ce contrat. Selon les prévisions de l’Elysée, ce dispositif doit permettre d’embaucher 135 000 jeunes en alternance de plus par an. Le chef de l’Etat a confirmé son objectif de « passer de 600 000 à 800 000 jeunes en apprentissage dans les trois années qui viennent ». « L’apprentissage, c’est 70% des jeunes qui à la fin de leur formation trouvent un emploi (...), en Allemagne, deux tiers des jeunes sont formés par l’alternance, en France un tiers des jeunes. Voilà la différence, voilà la raison du chômage des jeunes », a-t-il estimé.

Des parcours initiatiques dans les CFA

Les MFR ont réagi le 3 mars à ces propositions. Si elles apprécient l’intérêt du gouvernement pour l’apprentissage, elles demandent que soit engagée au plus vite une réflexion sur les conséquences du « bac pro 3 ans » en apprentissage afin de rendre le parcours plus attractif.
Elles suggèrent de mettre en place des parcours initiatiques dans les CFA pour les jeunes ayant terminé le collège ; d’adapter le nouveau dispositif DIMA (1) pour accueillir après la classe de 3e une partie du public intéressé par le « bac pro » et l’apprentissage, d’augmenter le passage du nombre d’élèves titulaires du CAP en filière « bac pro ».
Pour prévenir les ruptures de contrat d’apprentissage, elles proposent de développer des formules variées de parcours préparatoires à l’apprentissage au sein des CFA. Elles estiment nécessaire de développer une véritable ingénierie pédagogique de l’apprentissage (pédagogie de l’alternance, individualisation des parcours, mixité des statuts). Elles demandent l’assouplissement de certaines règles pour permettre l’entrée en apprentissage toute l’année, pour favoriser l’apprentissage dans le secteur public et associatif, et pour encourager les changements d’entreprise et la mobilité internationale.
Enfin, elles attendent que les financements des CFA soient plus justes en limitant la taxe d’apprentissage par apprenti, en simplifiant les règles de répartition de la taxe d’apprentissage et en fusionnant la contribution au développement de l’apprentissage et la taxe d’apprentissage.
« Si un projet de loi est déposé prochainement, il devra tenir compte de ces différents paramètres afin de tirer profit des potentialités que l’alternance recèle », conclut les MFR.

(1) le Dispositif d’initiation aux métiers en alternance (DIMA) se substitue depuis la rentrée 2008 à l’apprentissage junior et aux Classes préparatoires à l’apprentissage (CPA). Le temps d’une année scolaire, il permet à des collégiens âgés de 15 ans de découvrir, grâce à l’alternance, un ou plusieurs métiers.

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