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Protection des cultures Approfondir les connaissances sur les insectes

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Des scientifiques invités par Bayer dans le cadre d’un colloque sur les ravageurs des céréales ont fait le point sur les connaissances concernant insectes et maladies. Beaucoup d’éléments restent à comprendre.

Pucerons, cicadelles mais aussi taupins n’ont pas encore livré tous leurs secrets. Pour mieux combattre des viroses comme la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) ou la maladie des pieds chétifs, il faudra approfondir les connaissances scientifiques concernant ces insectes. C’est l’un des éléments mis en avant pour aller vers une lutte mieux raisonnée par les participants au colloque sur les ravageurs des céréales, organisé par Bayer CropScience le 13 mars à Paris. « Pour être efficace, il faut connaître les facteurs influant sur le taux de contamination », a rappelé Emmanuel Jacquot, chargé de recherche à l’Inra de Rennes. Or, le mode de transmission du virus des pieds chétifs par la cicadelle est encore mal connu, par exemple, de même que les genres des insectes vecteurs de ce virus. Grâce à une étude en cours, « au printemps 2009, nous devrions savoir quelles espèces de Psammotettix transportent le virus », a indiqué Emmanuel Jacquot.

Améliorer les outils d’aide à la décision

Les scientifiques ont accumulé un peu plus de connaissances sur les pucerons. Mais leur biologie reste complexe. Grâce aux pièges à succion, les chercheurs ont par exemple mis en évidence assez récemment un effet régional dans la présence du virus sur céréales lié au climat. A l’est de la France, où le temps est moins chaud, le puceron tend à se reproduire avec un mode sexué, qui passe par la production d’œufs résistants au froid. Dans ce cycle, l’insecte utilise comme plante hôte le merisier à grappe et non la céréale, ce qui limite considérablement l’expansion du virus sur les graminées. A l’ouest de la France, il se reproduit au contraire de façon asexuée, utilisant donc le blé et l’orge. Le puceron est alors beaucoup plus dangereux pour la plante. De quoi y perdre son latin.

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L’intégration des nouvelles connaissances dans des modèles de prévision permet d’améliorer petit à petit les outils d’aide à la décision. Mais il reste du chemin à faire. L’outil Aphi. net, développé par Bayer et l’Inra, ne repose par exemple pour le moment que sur une relation entre la température et le développement du puceron… Alors que d’autres éléments pourraient être pris en compte comme la proximité de certaines cultures dans le paysage ou l’environnement régional.