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En direct de Bruxelles Après les OGM, le clonage

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La Commission de Bruxelles n’a visiblement pas tiré de leçon des OGM. Empêtrée dans ce dossier depuis dix ans, elle s’apprête à ouvrir en catimini la voie aux produits issus d’animaux clonés. Le mot « clonage », qui risquerait d’effrayer les consommateurs, a été mis de côté dans le projet de règlement sur les nouveaux aliments qu’elle compte soumettre aux Vingt-sept. Il a été remplacé par « procédés de reproduction émergents » ou « méthodes non traditionnelles de reproduction », expressions qui heurteront sans doute moins. Ce manque manifeste de transparence risque néanmoins d’instiller une nouvelle fois le doute. De surcroît, Bruxelles a pratiquement calqué la procédure de mise sur le marché de produits issus de clones sur celle des OGM. Elle pourrait reposer essentiellement sur le seul avis de l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments, agence pourtant passablement fragilisée par sa gestion du dossier des transgéniques. Tout au plus, la Commission fera-t-elle appel, quand cela est « approprié », aux services d’un comité d’éthique. Des sondages auprès des Européens, promet-elle, seront aussi réalisés pour examiner leur niveau de réticence avant que ces nouveaux aliments soient effectivement mis sur le marché. Quoi qu’il en soit, assurent les services européens, le clonage nécessite encore quelques années avant de devenir véritablement opérationnel. La mise en place du cadre juridique pour l’approbation de ces produits ne serait qu’un « premier pas », sans conséquence immédiate. Elle permet en tout cas à Bruxelles d'afficher sa bonne volonté auprès des industriels.

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