Abonné

Viande bovine Après-quotas laitiers : la FNB demande une gestion des réformes de vaches laitières

- - 4 min

A la veille de son congrès, qui se tiendra les 4 et 5 février à Rodez, la Fédération nationale bovine (FNB) s'inquiète des conséquences de la fin des quotas laitiers sur le marché de la viande bovine. Elle demande une gestion européenne des réformes de vaches laitières, en forte hausse sur le second semestre 2014. En 2015, l'Institut de l'élevage prévoit une hausse de la production de femelles de 6% par rapport à 2014.

Le président de la Fédération nationale bovine (FNB), Jean-Pierre Fleury, a demandé la mise en place en Europe d'une « gestion de l'après-quotas laitiers concernant les réformes de vaches laitières », lors d'une conférence de presse de la FNB, le 27 janvier. Les éleveurs de bovins à viande s'inquiètent des répercussions de la fin des quotas laitiers sur les cours de la viande bovine. Depuis le mois d'août, la mise à la réforme des vaches laitières, liée à un phénomène d'anticipation de la baisse annoncée des prix du lait, a été plus importante que les années précédentes et le phénomène pourrait continuer en 2015. « Actuellement, c'est un constat, les éleveurs se débarrassent de leurs vaches », estime Jean-Pierre Fleury. La baisse des prix du lait de vache payé au producteur, attendue à partir du mois de janvier, pourrait inciter les éleveurs laitiers à continuer de réduire leur cheptel en 2015.

La production de bovins prévue en hausse en 2015

Les économistes étayent ces craintes. L'Institut de l'élevage prévoit, dans une note parue le 27 janvier, que la production française de bovins finis devrait augmenter de 4% en 2015 (voir article suivant), portée par la production de femelles (+6% par rapport à 2014), laitières, puis allaitantes. « Le rythme des réformes laitières enclenché en septembre 2014 se poursuivra au moins jusqu'au 31 mars, date de la fin des quotas laitiers », postule l'Institut de l'élevage. « Tout cela a été dit à la Commission européenne, mais leur seule réponse, est de dire que tout va bien », regrette Jean-Pierre Fleury. La FNB avait demande une mesure d'appui à l'exportation pour ces quantités excédentaires.

« Le temps nous est compté »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Le syndicat est d'autant plus inquiet pour l'avenir, que la situation économique des éleveurs lui semble avoir atteint « le bout du bout » en 2014, avec un revenu moyen en baisse de 21% par rapport à 2013, à 14 500 euros, dans les grandes et moyennes exploitations. Un audit a été commandé par le ministre de l'Agriculture pour évaluer la situation financière globale des exploitations bovins viande, affirme la FNB. « Les premiers retours des auditeurs confirment le constat que nous avons fait », affirme le secrétaire général Pierre Vaugarny. En décembre, le ministère de l'Agriculture a annoncé des reports d'échéances de paiement et des prises en charge de cotisation MSA pour les éleveurs de bovin viande en difficulté.

« Nous ne lâcherons rien sur le niveau qualitatif »

« Le temps nous est compté », estime Pierre Vaugarny. Pour la FNB, les portes de sorties sont la relance de l'export, la reconquête du secteur restauration hors domicile, et la qualité des produits piécés. Des travaux sur ces trois dossiers ont été lancés par l'interprofession en fin d'année. « Nous devons connaître les premières lignes au printemps », souhaite Pierre Vaugarny. « Nous ne lâcherons rien sur le niveau qualitatif, c'est la seule solution pour sortir de la guerre des prix », a prévenu Jean-Pierre Fleury, qui attend un changement de pratique et des propositions de la grande distribution.

Aide à la vache allaitante: la Conf' veut que la réserve permettre de « limiter les dégâts »

L A Confédération paysanne s'inquiète des dégâts que pourrait occasionner la transition, dans le cadre de la PAC 2014-2020, vers une nouvelle aide à la vache allaitante, et souhaite que la gestion de la réserve de cette aide permette d'en « limiter les dégâts ». Dans un communiqué du 27 janvier, le syndicat demande que le ministère de l'Agriculture, qui doit rendre prochainement ses arbitrages sur ce point, donne un accès prioritaire à cette réserve aux « éleveurs ayant moins de 10 vaches allaitantes en 2013 », année servant de référence, ainsi qu'à ceux « qui primaient un important taux de génisses avant 2015 ». Le 27 mai, le ministère avait annoncé que cette aide serait réservée aux troupeaux de plus de 10 vaches, et que les génisses ne seraient plus comptabilisées, sauf pour les nouveaux installés pendant les trois premières années.