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Après un courrier anonyme, l’Itab réaffirme son cap

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Un courrier anonyme envoyé début décembre a créé de nouveaux remous au sein de l’institut technique du bio, en décriant la stratégie comme la gestion. Des allégations mensongères, selon la direction, qui réaffirme son cap au service de la transition technique.

Pas de signature, pas de nom, seulement une adresse email sécurisée : « Sauvons l’Itab ». Ce courrier anonyme envoyé le 4 décembre au ministre de l’Agriculture, à la Fnab, à des chercheurs et divers partenaires de l’institut technique de l’agriculture biologique demande le départ de sa présidente actuelle Sabine Bonnot, ainsi que la révision de la gouvernance.

En plus de « conditions sociales dégradées », la crédibilité scientifique de l’institut serait aussi « remise en cause ». « Le nombre de projets de l’Itab a largement baissé, qu’il en soit le pilote ou partenaire », estiment les auteurs, soulignant que l’institut est « quasi absent » des projets du PNDAR. Le courrier s’attaque également au Planet Score, expérimentation sur l’affichage environnemental porté par l’Itab, estimant nécessaire une « désolidarisation » entre l’institut et ce projet. Les auteurs déplorent enfin « l’implication croissante de structures militantes », comme Greenpeace et Générations futures dans la gouvernance.

Dans une réponse envoyée le 5 décembre au ministère et à tous les salariés de l’Itab, la direction de l’institut « conteste fermement les allégations », tout en indiquant étudier le dépôt d’une plainte contre X et en diffamation. « Nous vérifions les éléments du courrier, mais la stratégie de pilotage de l’institut appartient au conseil d’administration », indique-t-on du côté de la Fnab, alors que la lettre anonyme demande aussi au syndicat de retirer son mandat de représentation à Sabine Bonnot.

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Des financements complémentaires espérés hors PNDAR

Sans attendre ce courrier, l’Itab s’était déjà mis au travail « pour créer une filiale ou une entreprise dédiée pour gérer le Planet Score », confie Emeric Pillet, nouveau directeur de l’Itab nommé durant l’été. Comme il le rappelle, le projet avait été lancé au sein de l’incubateur d’activités de l’institut dans le cadre de l’expérimentation de l’affichage environnemental. « Nous voulons préserver l’esprit du Planet Score et sa qualité scientifique », promet Emeric Pillet, évoquant la piste d’une entreprise à mission qui gérerait la marque, la notation des produits et les aspects informatiques.

Plus généralement, cette nouvelle controverse ne devrait pas selon lui remettre en cause la qualification comme institut technique agricole. « Le ministère comme le comité scientifique de l’Acta ont pu constater tout le travail engagé dans les derniers mois sur nos projets », assure-t-il. L’Itab prévoirait même déjà de demander à la rue de Varenne des financements complémentaires, pour des projets sortant du cadre du PNDAR.

« Nous voulons préserver l’esprit du Planet Score et sa qualité scientifique »