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Produits laitiers/Résultats Après une année difficile, Bel freine ses investissements

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Bel vient de connaître une année compliquée : un résultat net presque divisé par deux, une dette financière nette qui explose, des volumes de ventes très affectés en France… Même si son chiffre d’affaires a progressé de 12,8 %, à 2,2 milliards d’euros, le groupe fromager est condamné à la prudence. En 2009, Bel prévoit de peu investir, de diminuer ses frais généraux, et de maintenir une politique de bas prix et d’innovation.

Bel, un des leaders mondiaux des fromages à marque, affiche un résultat net quasiment divisé par deux (-48,4 %) à 49,2 millions d’euros. Son résultat des activités courantes (108,1 M EUR) est en baisse de 20,3 %. Le chiffre d’affaires a quant à lui augmenté de 12,8 % pour s’établir à 2,2 milliards d’euros. Selon le groupe, l’augmentation de 6,7 % de l’activité fromage est due à la bonne résistance des volumes de vente et à l’augmentation de prix réalisée pour compenser les hausses des matières premières. Les volumes de vente sont en croissance hors d’Europe, mais ont été particulièrement affectés en France où Bel réalise 25 % de son chiffre d’affaires. « Nos volumes sont en retrait en France, surtout à cause du report vers les MDD, qui profitent de la baisse du pouvoir d’achat », nous explique Guillaume Jouët, directeur de la communication et du développement durable du groupe Bel. Le chiffre d’affaires des autres activités est en croissance de 1 % à taux de change identique mais « a souffert d’un marché très déprimé, avec une offre excédant la demande et un niveau de prix historiquement bas », selon un communiqué.

Une marque très prometteuse

164 millions d’euros du chiffre d’affaires de Bel sont dus à l’intégration de Jaromericka en République tchèque et à la consolidation de l’activité de Boursin, qui a pesé sur le résultat net. « Boursin est une marque très prometteuse sur laquelle nous comptons beaucoup », souligne Guillaume Jouët. La baisse de l’activité courante est due quant à elle aux « difficultés rencontrées pour absorber la hausse spectaculaire des prix des matières premières au premier semestre et la volatilité extrême des devises ». La baisse des prix des coproduits industriels a pesé également sur le résultat des activités courantes, qui est tout de même en progression sur le second semestre. La dette financière nette de Bel s’établit à 483 M EUR contre 96,4 M EUR fin 2007.

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Ralentir les investissements

Pour s’adapter à la faiblesse de la consommation, Bel a pris des mesures pour préserver sa situation financière. « Ces cinq dernières années, nous investissions beaucoup, notamment en construction d’usines et en développement international. En 2009, nous allons ralentir les investissements, nous devons être prudents », explique Guillaume Jouët. « Nous allons également diminuer nos frais généraux de fonctionnement », ajoute-t-il. Pour rester attractif, le groupe fromager aura cette année une politique de prix très raisonnable. Il n’y a eu aucune hausse de prix aux distributeurs lors des dernières négociations. Bel va également insister sur l’innovation. « Nos dernières innovations ont très bien fonctionné, il faut continuer sur cette voie pour traverser cette période compliquée », conclut Guillaume Jouët.