Les ventes de phytos ont reculé de 44 % en volume l’an dernier, après une envolée en 2018 (+18 %), a annoncé le 30 juin le gouvernement.
« Les quantités totales de substances actives vendues en usages agricoles, hors produits de biocontrôle, diminuent de 44 % entre 2018 et 2019 (-28 078 tonnes), après avoir augmenté de 18 % entre 2017 et 2018 (+11 870 tonnes) », selon un communiqué commun des ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique. Une audition le 30 juin à l’Assemblée nationale du préfet Pierre-Etienne Bisch est venue compléter cette annonce. L’évolution sur trois ans représente « pour les phytos en général, -12 % », a déclaré le coordinateur interministériel devant la mission d’information sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate.
D’après ces « données provisoires », les quantités totales de produits CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) vendus diminuent de « plus de 50 % » en 2019 par rapport à 2018, poursuit le communiqué, soulignant que de tels résultats « permettent de constater les premiers effets des mesures engagées (...) depuis 2018 afin de réduire l'utilisation des produits phytosanitaires, en commençant par les produits les plus dangereux pour la santé ou l’environnement ».
Les quantités de glyphosate « diminuent de 35 % (-3 358 tonnes) entre 2018 et 2019 après avoir augmenté de 11 % (+999 tonnes) entre 2017 et 2018 ». Lissées sur trois ans, elles affichent -10 %, selon Pierre-Etienne Bisch, le coordinateur interministériel du plan de sortie du glyphosate et du plan de réduction de l’utilisation des phytos.
Le biocontrôle gagne du terrain
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Ces évolutions « compensent totalement l’augmentation des ventes en 2018, intervenue juste avant la hausse de la redevance pour pollutions diffuses » (RPD) au 1er janvier 2019, selon le communiqué. La part relative du biocontrôle continue de progresser, ajoute le gouvernement qui y voit « une substitution progressive et continue des substances les plus dangereuses par ces produits ».
« Un coup de com' », a réagi l'association Générations futures, qui s'est étonnée de voir des tendances exprimées en volumes « alors que l'indicateur de suivi du plan est le Nodu, basé sur le nombre de doses » et des résultats basés « sur des données non consolidées ».
La Cour des Comptes avait épinglé le 4 février la politique de réduction des phytos menée par l'Etat, laquelle avait donné jusque-là des résultats « très en deçà des objectifs » en 2018, malgré un budget considérable, de quelque 400 M€ (dont 71 M prélevés sur la RPD). Depuis le Grenelle de l'environnement fin 2007, qui avait fixé un objectif de réduction de 50 % des phytos en10 ans, les deux plans successifs mis en oeuvre, Ecophyto 1 et 2, ont abouti à des échecs. En avril, le gouvernement a donc tenté pour la troisième fois de réduire la dépendance de l'agriculture aux pesticides en lançant Ecophyto 2+.
L’évolution sur trois ans représente « pour les phytos en général : -12 % »