Les marchés financiers sont en passe d’être régulés, pour les marchés agricoles tout reste à faire. Le ministre Bruno Le Maire, qui fait cette remarque, se fait le chantre de cette nouvelle politique auprès de nos partenaires européens avant même que l’on sache si la nouvelle Commission y serait plus sensible que la précédente. Lisser les sautes d’humeur qui font que certains prix jouent au yo-yo sous l’influence de quelques rares échanges à l’autre bout de la planète n’est pas à la portée de n’importe quel Etat ou groupe d’Etats. La crise laitière l’a assez montré et l’on comprend l’impatience de certains à voir défini un nouveau cadre pour 2010. Cette volonté de peser sur le cours des choses et d’harmoniser les contraires, ce n’est après tout rien d’autre que le défi du « politique ». D’ailleurs, il ne devrait pas manquer d’eurodéputés pour le rappeler haut et fort, maintenant que la co-décision s’impose à Bruxelles du fait du Traité de Lisbonne. Au niveau national, c’est aussi toute la difficulté de l’exercice de gouvernance dont aurait tant besoin l’alimentaire français. Les axes d’une politique publique de l’alimentation que l’on nous promet de faire figurer en tête de la LMA vont devoir composer avec bien des choix déjà faits par l’Europe : que l’on songe aux règlements sur les allégations ou aux profils nutritionnels, on voit que la partie ne sera pas facile. Et en interne, arbitrer entre les intérêts contraires, dépasser le conflit entre les ministères de l’Agriculture et de la Santé et sortir du « sanitairement correct » qui étouffe l’économie – et la dimension culturelle – de l’agroalimentaire français est aussi un énorme programme.

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