La presse brésilienne s’émeut de l’interventionnisme des voisins argentins sur leur filière céréalière. Ruralbr estime que les restrictions à l’exportation de blé, sensées favoriser le marché local, engendrent « un effet domino désastreux » pour le secteur, relaye le site internet d’UbiFrance, à partir de son bureau de Sao Paulo. « Réduction de la production, augmentation du prix, alors même que les conditions climatiques ont affecté la récolte, en volume et en qualité… le cocktail était explosif : -32 % récoltés en 2012 par rapport à 2011, et un prix à la tonne qui a atteint les 464 dollars en ce début d’année, soit +53 % par rapport au marché mondial ! », souligne l’agence. Les moulins argentins se sont retrouvés en rupture, poussant le gouvernement Kirchner à suspendre les exportations de farine de blé jusqu’à la prochaine récolte, en fin d’année 2013. Jusqu’à présent, seules 58 000 tonnes ont été exportées, majoritairement vers le voisin brésilien, forcé de réduire sa grande dépendance vis-à-vis du blé argentin. Concernant le grain, Buenos Aires a réduit de 5 à 3 Mt le quota d’exportation pour l’année, sachant que ce volume a déjà été embarqué, signale UbiFrance. Le gouvernement se refuse par ailleurs à ouvrir les barrières à l’importation. Il promet des remboursements d’impôts à l’export pour les producteurs qui augmenteraient leur volume de blé et table sur 7 % d’augmentation de surface emblavée cette année. Sauf que le pays est en déficit de semences, dont l’importation est interdite par la même équipe dirigeante.
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