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Arnaud Rousseau, président de la Fop

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Le chanvre est principalement cultivé dans des exploitations de grandes cultures, et son suivi technique est assuré au sein de Terres Inovia, l’institut technique des oléo-protéagineux. Pour Arnaud Rousseau, président de la Fédération des producteurs d’oléo-protéagineux (Fop), les nouvelles utilisations du chanvre « doivent être coordonnées avec celles qui existent déjà ».

Comment considérez-vous cet intérêt que manifestent de nouveaux acteurs pour le chanvre ?

Autant je n’ai pas d’avis sur l’expérimentation médicale qui devrait commencer dans les prochains mois sur le chanvre thérapeutique, car c’est un sujet de santé qui dépasse ma compétence, autant je considère que si cela conduit à de nouvelles utilisations du chanvre, avec la fleur et les feuilles, c’est un atout de plus pour cette culture. Si dans le chanvre tout est bon, tant mieux pour sa rentabilité. On utilise déjà la fibre, la graine, on sait faire du béton avec la chènevotte, pourquoi pas valoriser la fleur et les feuilles. Et c’est une bonne chose que les utilisations nouvelles du chanvre émergent en France. Il y a un grand avantage à cultiver plus de chanvre.

Pourquoi ? Quel est son avantage ?

C’est une diversification de plus. C’est aussi une bonne tête d’assolement. Elle est très intéressante sur le plan agronomique : elle est sobre en engrais, on la conduit facilement. En outre, c’est une plante qui couvre largement le sol autour d’elle, ce qui évite l’emploi d’herbicides.

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Comment synchroniser la valorisation de la fleur avec celle de la fibre et de la graine ?

Il faut absolument que les nouvelles utilisations soient coordonnées avec celles qui existent déjà. Si les producteurs de grandes cultures se mettent tous à produire du chanvre en même temps, le marché s’effondrera. Il est indispensable d’avoir d’abord le marché et la valeur des produits avant de s’engager dans la production. La filière a besoin de débouchés et de prix à la hauteur de la valeur créée. Il faut que d’abord que la demande tire le marché et non commencer à écouler des produits sans valeur.

Inter Chanvre a raison de dire l’expansion du chanvre ne se fera que si elle est gérée de façon harmonieuse. Nous savons bien que si les cours s’effondrent, les agriculteurs seront la variable d’ajustement. Nous voulons éviter à tout prix de voir notre valeur ajoutée pillée et de devenir des producteurs de minerais. Mais si ces conditions sont réunies, oui, nous sommes globalement favorables à ces nouvelles activités autour du chanvre.

« Si les producteurs de grandes cultures se mettent tous à produire du chanvre en même temps, le marché s’effondrera »