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Edito Arrière-goût

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Le tribunal de grande instance de Paris ne trouve rien à redire à la publicité d’Unilever et de la MAAF pour Proactiv. Est-ce à cause d’un vide juridique comme le déplore l’UFC ? Les industriels savent vendre des produits sains, c’est un minimum obligé et depuis longtemps. Faire des aliments pratiques, des produits-plaisir, c’est un plus que leur impose l’univers concurrentiel s’ils veulent capter des clients et les fidéliser. Mais désormais, face à un consommateur repu, ils proposent des produits-santé – des alicaments – telle est la nouvelle frontière de l’alimentaire. Or, si les règlements sanitaires et le droit de la consommation et des fraudes sont suffisamment bien établis, il n’en va pas de même pour l’encadrement encore balbutiant des allégations nutritionnelles. A priori, l’industrie alimentaire ne voulait pas être traitée comme les laboratoires pharmaceutiques dont les médicaments sont soumis aux procédures d’autorisations de mise en marché. Mais Unilever d’abord, puis Danone (avec son partenariat Danacol/AGF) ont pris le risque d’entretenir la confusion des genres en lançant l’aliment santé remboursé par des complémentaires d’assurance maladie. Pour des leaders, ce n’est pas donner l’exemple de l’autodiscipline qu’on nous promettait en matière de publicité nutritionnelle. Ces initiatives, au succès commercial encore à vérifier, sont donc juridiquement correctes mais peuvent laisser un curieux arrière-goût dans le public. Tout comme les houleux débats qui ont accouché du règlement européen sur les allégations.

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