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Stratégie Arterris structure son aval dans le secteur de la viande

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Le groupe audois, spécialiste des céréales et du blé dur, poursuit sa diversification dans le monde de la viande. Il vient de racheter Dufour Sisteron, Ovimpex Distribution et Ovimpex, trois entreprises spécialistes des ovins et des bovins dans le sud-est de la France et à Paris

Régis Serre ne dira rien du montant de l’acquisition mais elle se compte en dizaines de millions d’euros. Fin novembre, le groupe coopératif audois Arterris qu’il préside vient de racheter trois entreprises opérant dans le secteur de la viande ovine et bovine : Dufour Sisteron (38 M€ de CA), Ovimpex (250 M€) et Ovimpex distribution (40 M€). Arterris possède 80 % du capital de l’ensemble, alors que la coopérative l’Agneau du soleil, dans les Alpes de Haute Provence, auparavant actionnaire à 40 %, est descendue à 20 %. « Il s’est trouvé que les propriétaires de l’entreprise Dufour Sisteron cherchaient à céder leur outil, nous avons donc regardé le dossier, puis en cascade, parce que Dufour avait des participations dans Ovimpex et Ovimpex distribution, nous nous sommes également penchés sur ces deux dossiers-là », ajoute Régis Serre. S’il y a eu entente entre les deux coopératives, elle se traduit uniquement par une présence conjointe au capital. « Avec 21 M€ de chiffre d’affaires, l’Agneau du soleil n’avait pas les reins assez solides pour racheter Dufour Sisteron. Ces acquisitions peuvent en tout cas permettre à Arterris de dépasser dès l’année prochaine le milliard d’euros de chiffre d’affaires. Avec 185 M€ de fonds propres pour 65 M€ de dettes, nous avons un taux d’endettement qui nous permet ce genre d’opération. Les banques nous ont suivi avec enthousiasme parce que notre structure de bilan nous le permettait », ajoute-t-il. « En plus, ce projet n’obère pas la capacité de financement dont nous pouvons avoir besoin dans les autres filières. Les trois entreprises que nous rachetons dégagent un Ebitda de 5 ou 6 M€ », se félicite-t-il.

100 000 bovins, 1,5 million d’ovins

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Pour le groupe, cette nouvelle percée à l’Est conforte son ancrage pluri-régional. Bloqué à l'Ouest par les grands groupes coopératifs d’Aquitaine et du Gers (Euralis, Maïsadour, Vivadour qui sont eux aussi allés loin dans leur aval), Arterris a trouvé en PACA de quoi satisfaire ses besoins de croissance. Après avoir consolidé sur place son activité céréales et légumes secs, « Ovimpex distribution nous ouvre l’ensemble de la distribution et des boucheries traditionnelles de la région PACA. Ovimpex qui est pour sa part installé à Rungis, nous ouvre le marché du Nord de la France et la région parisienne, deux grands bassins de consommation de viande ovine », explique Régis Serre. Des opérations qui vont également permettre à Arterris de mieux structurer la production bovine. "L’ouverture de ces marchés vers des grands bassins de consommation doit nous permettre de produire pour une demande existante. » Selon les chiffres fournis par Arterris, le nouvel ensemble doit mettre en marché 100 000 bovins et 1,5 million d’ovins (un tiers de la production française). Et d’autres investissements sont à l’ordre du jour. « Il est clair que nous sommes attentifs. Il se trouve qu’une génération de managers avance en âge et souhaite transmettre leurs entreprises. Nous sommes régulièrement sollicités. Nous regardons ainsi dans le domaine des fruits et légumes, nous sommes persuadés qu’il y a de quoi faire quelque chose, il y a de belles entreprises du secteur sur les bords de la Méditerranée. »