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Assurance des prairies : bientôt davantage de fermes de référence

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Le réseau de mesure de pousse de l’herbe sera bientôt enrichi de 200 fermes de référence, a annoncé Marc Fesneau. Une mesure qui répond à une demande de la FNB, qui critique l’indice satellitaire utilisé pour évaluer les pertes des prairies dans le nouveau système de gestion des risques.

« Nous allons renforcer le système des fermes de référence » pour mesurer la pousse de l’herbe afin de déclencher ou non l’indemnisation des pertes des prairies, a annoncé Marc Fesneau le 28 mars au congrès de la FNSEA. L’objectif du ministre : « Que l’on puisse confronter les points de vue sur ce sujet-là », alors que l’indice satellitaire utilisé dans le nouveau système de gestion des risques est critiqué par les éleveurs, notamment de la FNB (bovins viande, FNSEA). M. Fesneau a précisé que le réseau fera l’objet d’une « montée en puissance » en 2024, pour être « pleinement opérationnel en 2025 ». Quelque 200 nouvelles fermes devraient venir renforcer le réseau, qui en compte aujourd’hui 350, indique Patrick Bénézit, le président de la FNB, à Agra Presse. Par ailleurs, Marc Fesneau a déclaré que le réseau doit permettre de « tenir compte des réalités du terrain sur le niveau de pousse [de l’herbe], pas seulement en fin de campagne, mais y compris en cours de campagne ». Trois mesures par an devraient être effectuées, contre une seule aujourd’hui en fin de campagne, selon M. Bénézit.

Vers un nouveau décret sur les recours

Selon le dernier rapport d’activités de la FNB, le réseau – baptisé « Observatoire national de la pousse de l’herbe » – doit permettre de « consolider l’indice et d’en améliorer le fonctionnement », mais aussi de « servir de recours en cas de désaccord de l’éleveur avec l’estimation indicielle ». Son président indique que le ministre s’est engagé à rouvrir le décret permettant les recours en cas de désaccord pour qu’ils soient plus « accessibles », et ce d’ici « début mai, pour la campagne 2024 ». Ce texte sorti en mars 2023 fixait, selon le syndicat, un « cadre vague et peu opérant ».

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En 2022, puis en 2023, « le satellite n’a […] rien vu de sécheresses désastreuses », déplorait Patrick Bénézit lors du congrès de la FNB le 8 février. L’éleveur constate une « incompréhension totale pour les zones qui ont subi des pertes », citant la Nièvre, l’Allier ou encore les Pyrénées-Orientales et l’Aude. « Dans certaines zones, l’indice Airbus affichait une situation normale, alors que du point de vue de l’éleveur, le bilan était catastrophique », abonde Emmanuel Leroy, de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales, auprès de nos confrères de Réussir Bovins viande. Et, à l’inverse, le président de la FNB ajoute que le satellite « ne voit pas non plus les endroits où la pousse de l’herbe est positive », abaissant ainsi le seuil de référence pluriannuel qui sert de base de calcul aux pertes.

Trois mesures par an au lieu d’une, selon le président de la FNB