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NUTRITION ANIMALE/RESTRUCTURATION ATM sous procédure de sauvegarde

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Le spécialiste des croquettes pour animaux de compagnie a été placé sous procédure de sauvegarde. Les actionnaires devront se prononcer sur le plan de retournement le 15 septembre. La société travaille à la conquête de nouveaux marchés.

LA difficulté dans le pet food vient de faire une nouvelle victime. ATM, spécialiste de la fabrication d'aliments secs pour chiens et chats à marques distributeurs, fait l'objet d'une procédure de sauvegarde, suite à la décision du tribunal de commerce d'Angers du 2 juillet. « Depuis 2007, la profession a souffert, d'une part, des comportements de la grande distribution, mais aussi de la tempête sur les matières premières et nous avons perdu des volumes sur les produits standards et premiers prix », résume Eric Charles, président de l'entreprise et également actionnaire à hauteur de 50 % via son holding personnel, aux côtés du fonds d'investissement Agro Invest (1) (groupe Sofiprotéol), pour le solde.

PERTE D'UN GROS CLIENT

Six ans de crise, qui ont laissé bon nombre d'entreprises spécialistes du pet food exsangues. ATM, pour sa part, avait réussi à sortir. Après avoir touché le fond en 2012 (6,8 millions d'euros de perte d'exploitation, pour 79,77 millions d'euros de chiffre d'affaires), la société (223 personnes actuellement) basée à Longué-Jumelles (49) avait réussi à remonter la pente. En septembre 2013, l'assemblée générale avait même autorisé la société à poursuivre son activité, en dépit d'un actif net inférieur à la moitié de son capital social. À la fin de l'année, ATM affichait un résultat d'exploitation négatif de 1,4 million d'euros, pour 76 millions de chiffre d'affaires. Dans le même temps, ses volumes de production avaient reculé de 140 000 tonnes à 120 000 tonnes. 2014 s'annonçait sous de bons auspices, avant que la société ne perdre un de ses gros clients (Leclerc). « Nous avons pris de nouveaux marchés, mais le temps qu'ils démarrent, nous avions perdu 30 % de nos volumes », indique Eric Charles, qui a donc demandé « pour permettre à l'entreprise de poursuivre son activité » l'ouverture de cette procédure. Un plan de retournement sera présenté le 31 juillet et les actionnaires auront à se prononcer le 15 septembre. Quant à une éventuelle réduction des effectifs, il faudra attendre de connaître le plan de continuation actuellement en cours d'élaboration. « Il est trop tôt pour tirer des conclusions, notamment au regard de l'évolution de notre carnet de commande, au cœur de notre problématique actuelle », confie le présidant d'ATM.

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DES DÉBOUCHÉS À L'ÉTRANGER

En attendant, « nous travaillons pour trouver de nouveaux marchés, notamment à l'export », explique ce dernier ; l'entreprise n'est pas très tournée vers l'international que ne représente que 10 % de son chiffre d'affaires actuellement. « L'Allemagne et le Japon, un marché qui n'est pas très important en volume mais qui cherche des produits de qualité, sont les principaux débouchés sur lesquels la société peut faire valoir son savoir-faire », précise Eric Charles. ATM est la pointe de l'innovation. L'entreprise consacre chaque année 0,8 % de son chiffre d'affaires à la R&D « afin de permettre aux MDD de suivre les évolutions des marques nationales constatées sur ce segment », explique encore le patron d'ATM. À terme, les produits 1er prix et standards qui occupent la majorité du chiffre d'affaires (80 %) devraient voir leur part diminuer, indique ce dernier, à l'inverse « les produits premium devraient représenter 18 % de l'activité à la fin de l'année (contre 7 % fin 2013) ».

(1) Jusqu'en avril dernier, Agro Invest détenait une participation dans le capital du numéro un de la nutrition animale Continentale Nutrition, reprise par le fonds Alandia (Agra Alimentation du 5 juin 2014) sur décision du Tribunal de Commerce.