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Attention surchauffe

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On devrait s’en réjouir : en dépit des incertitudes sur l’avenir de l’agriculture, en dépit de la dévaluation à venir de la politique agricole, les agriculteurs continuent d’investir à des rythmes impressionnants. Tracteurs, moissonneuses batteuses, matériels d’élevage : les différents segments de la machine agricole sont en hausse et parfois à deux chiffres. L’agriculture participe bien à l’effort d’investissement et de croissance de ce pays dans un contexte où ce genre de bonnes nouvelles n’est pas légion.
Pour autant, il faut faire attention à la surchauffe. On se souvient qu’il y a quelques années, les producteurs de lait, encouragés par des prix en nette hausse, avaient fortement investi dans la mécanisation. Et puis, les prix du lait s’étaient effondrés et les éleveurs s’étaient retrouvés endettés alors que leurs revenus fondaient. Les pouvoirs publics avaient dû accepter de mettre en place un plan de soutien.
On ne doit plus raisonner, aujourd’hui, en période de marchés si volatils, comme on raisonnait lorsque les cours augmentaient régulièrement. Les capacités d’investissement dégagées aujourd’hui doivent aussi être orientées vers de l’épargne de précaution. Avoir un matelas financier sécurisé et mobilisable devient tout aussi utile à l’exploitation qu’avoir un tracteur flambant neuf répondant aux plus récentes technologies.
À l’État aussi d’en tenir compte et, sans doute, de mettre en balance les avantages fiscaux accordés à l’équipement en machines avec les avantages fiscaux plus ou moins accordés à l’épargne de précaution. Voilà un dossier que le prochain gouvernement devrait mettre sur le chantier. Il est technique, pas très « glamour » mais sans doute plus important que bien d’autres objectifs affichés.

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