Nicolas Sarkozy n’a pas rendu un grand service, ni à l’Europe ni à Michel Barnier en ne fixant pas plus tôt et de manière précise, une date à laquelle le ministre de l’Agriculture devait quitter sa fonction pour endosser celle de candidat européen.

L’Europe, surtout, méritait bien une campagne d’une certaine dimension, avec une explication suffisamment longue et circonstanciée des enjeux. Au lieu de cela, nous aurons une campagne d’un petit mois. L’UMP n’a pas véritablement lancé la sienne, ni, du coup, les partis d’opposition. Les listes ne sont même pas définitivement constituées !

Michel Barnier, coordonnateur de la campagne de l’UMP, paraît manifestement, bien qu’il ne le reconnaisse pas, gêné par cette imprécision. Il n’est pas homme à s’accommoder d’un chevauchement des missions et des fonctions. Et puis, les difficiles dossiers de la pêche ou de l’agriculture ne peuvent que gêner une argumentation qui doit montrer que l’Europe est source de solutions plutôt que de problèmes.

Il ne faudra pas s’étonner, dans ces conditions, de voir le taux de participation à son niveau le plus bas. D’autant que ce ne sont pas les nouvelles déclarations du président de la République sur la politique de sécurité qui vont amener les électeurs vers les urnes.

En somme, on semble avoir oublié que l’enjeu européen est un vrai problème dans ce pays ; que, il n’y a pas si longtemps, la majorité des électeurs a refusé une nouvelle constitution qui devait relancer l’union européenne, ou à tout le moins la rendre mieux gérable ; que l’Europe plus unifiée peut être une solution plus efficace contre la crise que le repli sur nos politiques.

Les vrais européens ne comprennent pas cet attentisme.