Voilà les prix agricoles qui commencent à s’assagir. Oh, ce n’est pas encore la baisse franche mais un début de repli, tout au moins pour certaines grandes cultures ou les produits laitiers. Et, certes, la plupart des observateurs s’attendent tout de même à la permanence de prix soutenus. Mais un mouvement de reflux est bel et bien là.

Cette situation nouvelle n’implique-t-elle pas, de la part du monde agricole et de ses représentants, une nouvelle attitude ?

D’abord, faire savoir au grand public que la «flambée des prix » est stoppée. Lui expliquer que certains produits sont en baisse et lui montrer à quel point l’agriculture, de tout temps, est marquée par des évolutions fortes de prix de marché.

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Ensuite, prendre garde à la manière dont ces nouveaux prix sont répercutés au stade du détail. On a suffisamment accusé, l’an dernier, les paysans d’être fauteurs d’inflation pour ne pas vérifier que les baisses qu’ils subiront profiteront bien aux consommateurs et aux volumes vendus plutôt qu’aux marges des commerçants.

Par ailleurs, il ne faudrait pas oublier tout ce que la hausse des prix a pu faire naître comme espoir dans certains pays du tiers-monde pour relancer leur agriculture. Le reflux ne doit pas être prétexte pour les laisser de nouveau se colleter à des importations meilleur marché qui ont toujours fait du tort aux paysanneries locales.

Quant aux enjeux pour le long terme, ils restent plus que jamais d’actualité tant pour les agriculteurs que leurs coopératives. N’impliquent-ils pas une relance de la compétitivité et une plus grande maîtrise des filières ? Deux phénomènes qui devraient pousser le monde agricole à investir en aval de la production.