Le transformateur de fruits français, progressivement cédé par Butler Capital Partners, multiplie les investissements dans diverses régions du monde.
La mariée Atys se fait belle pour son mariage programmé avec l’autrichien Agrana. Le capital du groupe spécialisé dans la transformation des fruits, jusqu’ici détenu par Butler, passe progressivement aux mains du repreneur viennois selon un calendrier convenu voici un an et demi. En mars, Agrana est devenu majoritaire, en attendant la finalisation de l’opération en 2006.
L’arrivée d’Agrana s’est faite sentir avec la restructuration de la dette d’Atys par la banque Raiffeisen, actionnaire du groupe autrichien. Mais Michel Maupu, qui dirige l’entreprise depuis 2001 insiste sur ses capacités à se développer grâce à ses propres fonds propres et capacités d’endettement. « Mon équipe de direction souhaite continuer l’aventure : nous avons redressé Atys qui connaît aujourd’hui le succès », affirme-t-il en soulignant l’indépendance promise à Atys jusqu’à la finalisation de l’acquisition l’année prochaine. Selon lui, aucun bouleversement n’est programmé à la tête du groupe français après son passage sous contrôle autrichien.
Reste que les dirigeants actuels font tout pour séduire leur nouvel actionnaire de référence : Atys vient d’ouvrir une nouvelle usine aux Etats-Unis, dans le Tennessee. Déjà propriétaire de deux sites dans l’Ohio et au Texas, le groupe peut ainsi couvrir l’ensemble du territoire, de la Floride à la côté Ouest, ainsi qu’une partie du Canada. Selon ses estimations, le marché nord-américain croît de 7 à 8 % par an, alors que la stagnation prévaut en Europe : voilà qui justifie l’investissement. « Nous avons pris des marchés importants auprès de Danone et Yoplait aux Etats-Unis », précise Michel Maupu. Les deux lignes de production en batch et en continu, complétées par une troisième l’an prochain, pourront répondre à cette demande.
Les achats et la logistique centralisés
Côté recherche et développement, Atys a renforcé ses équipes et mis en place une meilleure coordination entre ses laboratoires européens et nord-américains. « Nous avons recollé au peloton des meilleurs – ce sont nos clients qui le disent », assure Michel Maupu. Selon lui, les principales préoccupations de ces derniers restent la qualité et le prix, bien qu’il place assez haut l’innovation et le service.
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Mais c’est dans le domaine des achats que la réorganisation a les effets les plus visibles. Mis au point il y a un an, la « global sourcing organization » du groupe Atys vise à centraliser les opérations logistiques. D’abord cantonnée à l’Europe, avec le regroupement de 15 centres de stockage en un seul à Amsterdam, l’expérience vient d’être étendue à l’Amérique du Nord. Les autres filiales locales y entreront au cours des mois à venir. « Concrètement, là où sept structures achetaient nos mangues, il n’y en a plus qu’une aujourd’hui », explique Michel Maupu. Résultat : des prix mieux négociés, mais surtout une organisation plus efficace et une meilleure qualité.
Atys a cédé sa filiale allemande à la demande des autorités de la concurrence et acquis le belge Dirafrost au cours de l’exercice 2004-2005. A périmètre constant, le groupe compte plus de 2 500 salariés permanents et a généré un chiffre d’affaires de 395 millions d’euros. A son entrée effective dans Agrana, le français pèsera donc plus d’un tiers des ventes de son repreneur autrichien. Atys dit avoir progressé sur tous ses marchés en 2004-2005 et globalement à un rythme annuel de 10 à 12% depuis 2001.
Une série d’investissements en préparation
D’ici sa reprise complète par Agrana, le groupe prévoit d’augmenter sa productivité sous forme d’accroissement des volumes en France et d’investir dans son site polonais, favorisé pour servir le marché allemand dans des conditions très compétitives. Au Mexique, un projet d’expansion est à l’étude, soit dans l’usine existante, soit sur un nouveau site.
La fusion avec le repreneur autrichien va permettre à Atys de s’implanter en Russie, en s’appuyant sur l’usine Steierobst (groupe Agrana) de Moscou. Par la suite, Michel Maupu évoque une ouverture à Shanghaï en complément de l’usine de Pékin ainsi que de nouveaux sites de production au Brésil et au Japon, le tout à l’horizon 2008.